Le dirigeable du futur, une lentille volante gonflée à l’hélium ? Astrophysicien, ex-chercheur au CNRS et Frère de la Comédienne Josiane Balasko

, par  Grainede Ble , popularité : 2%

Quarante ans de passion pour les dirigeables ont conduit Pierre Balaskovic, très actif retraité du CNRS de 73 ans, à concevoir Alizé, un aéronef en forme de lentille, de 21 m de diamètre, censé parvenir à concurrencer avions, hélicoptères ou satellites.

L’appareil, « un dirigeable lenticulaire à décollage et atterrissage vertical », a été dévoilé sur la base de l’école de gendarmerie de Rochefort (Charente-Maritime) en présence de la soeur du concepteur et marraine du projet, Josiane Balasko.

 Le dirigeable du futur, une lentille volante gonflée à l’hélium ?

Par Hugo DI ZAZZO

 Quarante ans de passion pour les dirigeables ont conduit Pierre Balaskovic, très actif retraité du CNRS de 73 ans, à concevoir Alizé, un aéronef en forme de lentille, de 21 m de diamètre, censé parvenir à concurrencer avions, hélicoptères ou satellites.

L’appareil, « un dirigeable lenticulaire à décollage et atterrissage vertical », a été dévoilé sur la base de l’école de gendarmerie de Rochefort (Charente-Maritime) en présence de la soeur du concepteur et marraine du projet, Josiane Balasko.

Cette « carène pseudo-ellipsoïdale », en réalité une grosse lentille de toile blanche de 21 m de diamètre pour 1.275 m3, dont 900 d’hélium, est équipée de cinq moteurs lui permettant des translations latérales et verticales, et d’un poste de pilotage pouvant accueillir deux passagers.

Pour impressionnante qu’elle soit, cette machine n’en demeure pas moins un simple « démonstrateur » (plutôt qu’un prototype) : si Pierre Balaskovic et son équipe parvenaient à démontrer la maniabilité d’Alizé, l’objectif est de concevoir un appareil au diamètre deux fois supérieur, capable de soulever des charges de plusieurs tonnes.

« Une fois maîtrisé le pilotage », ce ballon serait amené « à transporter des charges de point à point », notamment des cargaisons « hors-gabarit comme les ailes de l’A380 », pour un coût inférieur à ceux d’un avion ou d’un hélicoptère, mais aussi à « opérer des missions de surveillance à la place de satellites » ou à servir de « relais de communication », espère son inventeur.

Rendu possible grâce « à des vieux copains et des bénévoles », d’un coût de 600.000 euros, ce projet financé par un mécène privé a pris « deux ans » à son concepteur, ancien chercheur en astronomie et biologie moléculaire au CNRS et actuellement conseiller auprès de l’Union européenne.

Mais sa fixation sur les dirigeables remonte à loin : lors d’un colloque international « en 1969, j’avais déjà présenté l’idée d’un ballon stratosphérique dédié à l’observation astronomique », se souvient-il.

Et un précédent prototype a été détruit dans les années 70 par une tempête de neige.

« L’objectif est d’atteindre une manoeuvrabilité similaire à celle d’un hélicoptère », explique Didier Esteyne, cheveux en brosse et vêtu de sa combinaison de pilote, qui a eu entre les mains à peu près tout ce qui peut voler.

Encore au stade d’essai, avec moins de 3 heures de vol au compteur, cet objet volant immatriculé « Whisky 17 Oscar Delta (W17OD) », atteindra l’altitude maximum de 2.000 m, pour une vitesse espérée de « 65 km/h avec un bon vent arrière », détaille en souriant son concepteur.

Les premiers essais en vol, menés cette semaine, « ont été agréables », raconte le pilote. « Les réflexes viennent rapidement, même si on a tout à apprendre », ajoute-t-il, reconnaissant toutefois que pour l’heure, « la machine n’est pas encore performante ».

Ce que le public a pu vérifier, lors de la présentation d’un petit film montrant ces essais : face au roulis de l’engin, Josiane Balasko, bien que « fière de son frère » et de « ses idées de fou », a décliné tout éventuel baptême à bord : « je suis courageuse, mais pas téméraire ».

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