Langages chamaniques et ADN

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

Selon J. Narby :

« Je savais que de nombreux peuples chamaniques utilisaient d’autres images que le » serpent cosmique « pour expliquer la création de la vie, parlant notamment d’une corde, d’une liane, d’une échelle ou d’un escalier d’origine céleste, qui relie le ciel et la terre. Mircea Eliade a montré que ces différentes images formaient un thème commun, qu’il a appelé l’axis mundi, ou l’axe du monde, et qu’il a retrouvé à travers les traditions chamaniques des cinq continents. Selon Eliade, l’axis mundi permet d’accèder à l ’au-delà et au savoir chamanique, car il existe un » passage paradoxal « réservé normalement aux morts, que les chamanes réussissent à emprunter de leur vivant ; et ce passage est très souvent gardé par un serpent, ou un dragon. Le chamanisme, pour Eliade, est l’ensemble des techniques permettant de négocier ce passge, d’atteindre l’axe, d’acquérir le savoir qui lui est associé et de le ramener - la plupart du temps dans le but de guérir les gens ».
Et (page 97) : "Une des variantes les plus connues de l’axis mund

IL est celle du caducée, formée par deux serpents qui s’enroulent autour d’un axe. Depuis les temps les plus anciens, on retrouve ce symbole lié à l’art de guérir de l’Inde à la Méditerranée ".

 Approche du langage chamanique et premières similitudes avec l’ADN

Du biologiste moléculaire Christopher Wills (page 96) :

 « Les deux chaînes d’ADN ressemblent à deux serpents enroulès autour d’eux-mêmes dans une sorte de rituel amoureux ».

Et (page 100) : " Les études approfondies sur le langage chamanique sont rares, sans doute parce que les anthropologues ne l’ont jamais vraiment pris au sérieux. Cependant, j’ai trouvé une exception dans le travail récent que Graham Townsley a consacré aux chansons des ayahuasqueros Yaminahua, en Amazonie péruvienne. Selon Townsley, les chamanes Yaminahua apprennent des chansons, appelées koshuiti, en imitant les esprits qu’ils aperçoivent dans leurs hallucinations, afin de commu-niquer avec ceux-ci. Les paroles sont presque totalement incompréhensibles pour ceux des Yaminahua qui ne sont pas des chamanes.

Townsley écrit : « Les périphrases métaphoriques les plus obscures sont utilisées. Par exemple, la nuit devient » tapirs rapides « , la forêt devient » cacahuètes cultivées « , les poissons sont des » pécaris « , les jaguars des » paniers « , les anacondas des » hamacs « , et ainsi de suite ». Dans chaque cas, écrit Townsley, la logique métaphorique peut être expliquée par une connexion obscure, mais réelle : « Ainsi, les poissons deviennent des » pécaris à collier blanc « parce que leurs ouïes ressemblent aux points blancs présents sur le cou de ce type de pécari ; les jaguars deviennent des » paniers « parce que les fibres de ce type particulier de panier tissé (wonati) forment un dessin qui est précisment similaire aux taches d’un jaguar ».

Les chamanes eux-mêmes comprennent très clairement le sens de ces métaphores et ils les appelent tsai yoshtoyoshto « . (...) Ce que Townsley traduit par twisted language et qui correspond en français à langage double et entrelacé ».

Et (page 101) : « Pourquoi les chamanes Yaminahua utilisent-ils cette manière de s’exprimer ? Selon l’un d’eux : » Avec mes koshuiti je veux voir - en chantant, j’examine les choses - le langage double et entrelacé m’en rapproche, mais pas trop - avec des mots normaux, je les percuterais frontalement - avec des mots doubles et entrelacés, je leur tourne autour - je peux les voir clairement « . Selon Townsley, toutes les relations chamaniques avec les esprits sont » délibérément construites de façon elliptique et multiréférentielle afin de réfléter la nature réfractaire des êtres qui sont leur objet « . Et il conclut : » Les yoshi sont de véritables êtres qui sont à la fois « comme et pas comme » les choses qu’ils animent. Ils n’ont aucune nature stable ou unitaire et ainsi, paradoxalement, le langage double et entrelacé, qui permet de les « voir comme » est la seule façon adéquate de les décrire. L’approche métaphorique ne désigne pas faussement les choses, mais, au contraire, constitue la seule manière de les nommer correctement « ».

Et (page 103) : « Au niveau de son contenu et de sa forme, l’ADN se présente comme un langage doublement double qui s’enroule autour de lui-même. (...) A mon avis, les recoupements sont trop nombreux pour s’expliquer par le seul hasard. (...) Que dire, par exemple, du serpent cosmique » fournisseur d’attributs « (ancienne Egypte), lorsqu’on lit les signes qui l’accom-pagnent ? Leur signification est » un « , » plusieurs « , » esprit double, puissance vitale « , » endroit « , » mèche de lin tressé « et » eau « . Sous la tête du second serpent, on trouve la croix égyptienne qui signifie » clé de vie « ».

Et (page 104) : « Les recoupements avec l’ADN sont évidents : l’ADN est effectivement la clé de la vie, une puissance vitale double, permettant de passer de un à plusieurs, situé dans l’eau et possédant la forme d’une mèche de lin tressé ».

http://perso.wanadoo.fr/autre.realite/3-10-4.htm

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