La science et l’art comme mode de représentation de l’expérience humaine de Roger Nifle

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LA SCIENCE ET L’ART

COMME MODES DE RE-PRÉSENTATION DE L’EXPÉRIENCE HUMAINE

Roger Nifle avril 2004

 

RAPPELS PRÉLIMINAIRES

L’anthropologie radicale de l’Humanisme Méthodologique (voir textes
cités en fin de document) met en évidence :

- Le Sens comme constituant de l’Instance humaine personnelle, de
l’humanité de l’homme dont le devenir et la liberté tiennent à la
capacité de choix, en toutes circonstances, du Sens qui permet d’accéder
à cette liberté d’être (autonomie, conscience de Sens, maîtrise de
l’engagement du Sens), reconnaissance de l’humanité de l’homme.

- Le ConSensus comme constituant de toute relation de nature humaine.
Portant sur tels ou tels Sens, pour le pire et le meilleur, les
ConSensus sont les fondements de toute communauté humaine ainsi
communauté de Sens en consensus. Le meilleur de ces Sens en ConSensus et
à considérer comme le Sens du bien commun.

- La réalité du monde, de l’existence humaine, de l’existence des
choses n’est constituée que d’expérience humaine. La réalité est un
“réalisé”. Elle est le fait de ConSensus avec d’autres Instances
humaines qui est appréhendé comme réalité d’expérience. Dit autrement,
ce sont des consensus dont notre expérience est actualisation,
présentification, présentation de réalités d’expérience.

- L’expérience humaine et ainsi les réalités réalisées possèdent
trois dimensions et trois composantes :

- une dimension subjective intentionnelle qui prend différents
visages comme par exemple la force, la détermination, la persévérance
dans le temps, expérience du Sens engagé,

- une dimension objective qui distingue, sépare, compte et prend en
compte l’aléa, présence d’altérité, incidence des autres, multiple.

- une dimension projective résultante, rationnelle qui ordonne les
éléments précédents selon une ligne de détermination, dimension spatio
temporelle, historique des existences.

Les composantes de l’expérience sont :

- la composante sensible ou affective : éprouvé, vécu, appréciation,
expérience pulsive...

- la composante factuelle ou matérielle, comportementale, corporelle,
opérative, de ce qui “se produit”, “se fait”, existe “en fait”,
interagi,

- la composante formelle ou mentale figuration, image, structure
projective mais aussi forme et langages, signes d’identification.

Toutes les réalités sont relatives aux consensus qu’elles
actualisent. Ainsi chaque communauté, notamment culturelle, se voit dans
un monde commun. De ce fait nous existons simultanément dans différentes
sphères :

- la sphère de proximité des situations présentes

- la sphère culturelle des communautés auxquelles nous participons,

- la sphère universelle du monde de l’humanité entière, son univers,
l’univers.

L’articulation de ces trois types de plan est source de confusions,
d’exclusion mais aussi d’accomplissement. Nous sommes dans une période
de mutation pleine de troubles mais qui ouvre à cette mondialisation une
et plurielle de nos réalités communes.

- Rappelons enfin que le processus d’évolution humaine, personnelle,
culturelle, universelle, dès lors qu’il s’engage selon le Sens de
l’accomplissement, passe par une certaine maîtrise des affaires
humaines. Elle commence par celle de l’archaïque, des pulsions
affectives, dépassée, grâce aux séparations, distinctions,
objectivations, par celle, primaire, de la gestion des choses
matérielles, subsistance et confort, dépassée grâce aux
rationalisations, par celle, secondaire, des formes, discours et
modèles, dépassée enfin grâce au discernement et à la maîtrise du Sens.

Enfin cette évolution aboutit donc à un “âge du Sens”, des
communautés de Sens où nos réalités, les affaires humaines, sont
envisagées dans leur consistance, dimensions et composantes intégrées
mais aussi leur Sens, humain.

La crise des représentations mentales, forme des choses et la crise
du Sens actuelles sont symptômes d’un seuil de maturescence qui entraîne
l’humanité à ce qui a été souvent appelé l’âge de l’esprit.

Il faut dire que pour l’Humanisme Méthodologique le Sens (humain),
transcendant toute expérience (humaine) est esprit et ainsi le travail
sur le Sens peut être dit spirituel humainement parlant.

Les re-présentations de l’expérience humaine

L’expérience est “présentation” d’une réalité réalisée par le
consensus. La “re-présentation” de l’expérience est possible dès que
l’on peut re-mobiliser un consensus sur les mêmes Sens.

Cette mobilisation est possible par centration et réactivation du
conSensus. Diverses circonstances ou pratiques le permettent. Dès lors
le conSensus ainsi mobilisé sera vécu comme expérience d’une nouvelle
présentation de réalité, une réalité seconde, homologue à la première du
point de vue du Sens, mêmes Sens, même consensus mais de consistance
différente. Présentation et re-présentation ont mêmes Sens.

S’agit-il d’une re-présentation de la réalité ? Là est un grave
malentendu. Il s’agit d’une re-présentation de l’expérience réalisante.

Ainsi c’est en l’homme que se trouve le lien, le Sens commun entre
présentation et re-présentation. La re-présentation, réalité seconde,
n’appartient pas à la réalité première, elles ne sont liées que par le
Sens.

Ainsi entre une situation et une description verbale de la situation,
il n’y a rien de commun sinon le Sens. Entre une situation et une
re-présentation sous le mode d’une situation homologue seul le Sens est
commun. Cependant ce que certains appelleraient un méta point de vue
permettra le cas échéant de réaliser une expérience où se trouvent
re-présentés ensemble les deux réalités, première et seconde, situation
première et discours sur la situation. Nous serions en fait plutôt dans
une nouvelle re-présentation du même consensus avec à chaque fois un
lien d’homologie entre elles.

De là diverses considérations. La re-présentation seconde est aussi
réalité et la re-présentation tierce considère la réalité première et la
réalité seconde comme participant d’une même réalité (réalité tierce).

Ainsi le discours re-présentant la situation devient-il alors partie
prenante d’une réalité tierce situation-discours re-présentés ensemble.

On comprend la rigueur nécessaire pour ne pas tout confondre. On
comprend aussi qu’il puisse arriver que la réalité seconde,
re-présentation de la situation première passe pour la seule réalité, le
monde étant devenu par exemple le monde du langage verbal “oubliant” les
réalités premières qu’il a pu re-présenter.

On trouvera facilement de ces “abstractions” comme par exemple l’idée
d’un ”savoir” indépendant de la réalité première et d’un discours sur le
savoir-réalité seconde qui serait donné comme accès à ce savoir et non à
la réalité première. De même un discours sur l’art peut être donné comme
accès à l’œuvre, elle-même re-présentation d‘une expérience humaine
première.

Une autre considération porte sur le fait que l’expérience première
réalisée comporte des dimensions et des composantes qui peuvent être
re-présentées par d’autres dimensions ou composantes de la réalité
seconde.

Ainsi une composante affective d’une expérience première peut être
re-présentée par une forme imaginaire seconde. Une composante factuelle
par une composante affective ou formelle. Ainsi il est possible
d’exprimer dans une re-présentation seconde selon telle ou telle
composante ce qui a été expérimenté autrement en réalité première. Il
devint possible d’exprimer sous des modes très différents une réalité
d’expérience première tout en en conservant le Sens.

Nous devinons ici que nous ne cessons de réaliser des
re-présentations de nos expériences anciennes ou récentes ou même
actuelles. Nous pouvons les projeter (re-présentation) dans le futur,
les transposer dans différents registres toujours en conservant le Sens
en consensus. Il y a tout un travail d’exploration des différentes
circonstances, conditions, exigences qui peuvent ou doivent accompagner
ces représentations.

Soulignons trois choses à ce stade :

- D’une part nos re-présentations enrichissent la réalité
d’expérience et ainsi complexifient le monde. Notre monde est enrichi de
la science et de l’art, re-présentations d’expériences premières et
ensuite objets ainsi de représentations tierces.

- D’autre part nos re-présentations peuvent appartenir à un monde
personnel de proximité, culturel communautaire ou universel. C’est ce
qui nous permet de passer d’une expérience première dans l’un des ordres
par exemple d’une expérience de laboratoire, d’une expérience
personnelle singulière, à une re-présentation culturelle ou même
universelle et inversement se faire une re-présentation personnelle dans
une sphère de proximité d’expériences communautaires et culturelles.
Ainsi science et art tendent à porter au champ culturel, sinon universel
des re-présentations d’expériences initialement personnelles de
proximité (sources d’inspiration)

Enfin toute re-présentation peut être dite métaphorique ou même
symbolique dans la mesure ou c’est le Sens qui est conservé dans le
partage de consensus.

Cette relation entre expérience réalité et re-présentation est
importante à plus d’un titre. D’abord elle permet, sous certaines
conditions, un discernement du Sens (un accès au Sens).

Diverses pratiques permettent d’accéder au Sens sous-jascent en
considérant simultanément (donc dans une expérience tierce) les deux
réalités homologues premières et secondes. C’est un processus
d’intelligence symbolique sous le mode révélateur du Sens et donc qui
permet d’accéder ainsi à une liberté de Sens et donc une certaine
maîtrise du Sens en consensus.

En second lieu elle permet de véhiculer du Sens par une médiation
opportune par exemple le récit plus facile à re-présenter, de
l’événement initial. Nous en usons communément par le langage, ici par
l’écrit. Nous en usons (sans toujours le savoir) dans la science et dans
l’art.

Enfin il nous est possible d’engager des réalisations qui sont
re-présentations d’expériences premières. Par exemple une idée
expérience première re-présentée par une œuvre réalisée. Ou bien une
expérience vécue, re-présentée par une idée, re-présentée par un acte,
re-présenté par une nouvelle situation. Si nous songeons à notre vie
quotidienne dans tous ses domaines nous ne cessons d’être engagé dans ce
processus multiplié de re-présentation.

Il nous faut compléter le volet discernement du Sens de
l’intelligence symbolique par le volet créations, réalisations au moins
secondes qui forment l’exercice de nos compétences.

Le thème de “l’intelligence collective” nous entraîne à penser aux
réalités culturelles d’une communauté comme expériences premières et
réalités culturelles secondes qui favorisent cette intelligence
collective. On la sait portée par les seules personnes tout en
permettant un “tout se passe comme si” encore une re-présentation utile.

De toutes les implications de cette découverte des re-présentations,
soulignons en une particulièrement importante. Il n’y a que parce que
nous sommes êtres de Sens, participons de Consensus partagés que nous
pouvons aussi re-présenter nos expériences et par la même accéder à une
intelligence symbolique révélatrice et réalisatrice.

Cependant il ne suffit pas d’être capable de re-présentation pour que
l’intelligence symbolique soit au bout du chemin. C’est ce que nous
allons voir dans les deux cas de la science et de l’art comme
re-présentations selon les divers Sens selon lesquels sont considérées
ces re-présentations.

Auparavant pour se familiariser encore avec cette notion de
re-présentation ou présentation à nouveau à l’expérience d’expériences
antérieures nous allons en évoquer différent cas.

La conscience des réalités comme représentation d‘une expérience.

Supposons une situation, réalité d’une expérience. Nous pouvons
re-sentir avec violence ou avec nuance un vécu par actualisation d’un
même Sens (en conSensus).

Nous voyons bien que s’il ne s’agit pas vraiment du même conSensus
nous pouvons ressentir tout autrement les choses et différemment de
quelqu’un d’autre. De là des exigences indispensables pour que cette
re-présentation soit juste et pertinente.

Nous pouvons aussi nous re-présenter mentalement l’expérience
première avec tous les risques de dérives si le Sens n’en est pas le
même, interprétations multiples dont nous sommes sans cesse témoins et
acteurs, ou même si elle est juste, re-présentation dans des registres
différents.

Il y a aussi des re-présentations factuelles. Par exemple, un modèle
matériel ou comportemental, une mise en scène homologue ou une mise en
situation évocatrice de la situation initiale. La télévision nous en
sert des scènes “en direct” pour re-présenter (commenter, illustrer...)
des événements antérieurs.

Connaître la réalité n’est rien d’autre que se la re-présenter mais
cette connaissance ne devient intelligence, compréhension que si elle
conduit au discernement des Sens (en consensus) sous jascent.

Le virtuel comme re-présentation.

Comme l’indique la racine indo européenne WIR le virtuel est affaire
d’homme. Est virtuel ce qui véhicule les virtualités humaines.

En fait toute expérience est virtuelle en cela qu’elle porte les Sens
humains qu’elle actualise. Cependant si on pose une expérience première
comme réalité (réalisée) alors une re-présentation pourra être dite
virtuelle en tant qu’elle porte (méta phore) les virtualités de
l’expérience première.

Mais que sont ces virtualités ? Au fond la possibilité de
re-présenter, à nouveau, l’expérience première puis seconde, etc... Ce
sont des potentialités de réalisations multiples, autant de
re-présentations possibles, de mêmes Sens en Consensus. Ce sont encore
les possibilités d’accéder aux Sens, communs à toutes ces
re-présentations homologues et donc en révéler la source, humaine et
accomplir ainsi cette humanité dans plus de maîtrise et de liberté (de
Sens et donc de conSensus avec les autres).

Le virtuel, reconnaissance du caractère humain des re-présentations
des réalités réalisées est une médiation pour l’accès à l’humanité de
l’homme. Michel Serres disant : “le virtuel est la chair de l’homme” est
en convergence, semble-t-il, avec cette analyse si on sait que le terme
de chair englobe toutes les dimensions des réalités humaines.

Les comportements comme re-présentations

C’est le B A BA de nombre de conceptions psychologiques ou
psychanalytiques qui rapportent tel comportement actuel a telle source
antérieure. Le comportement est re-présentation actuelle d’une
expérience antérieure.

Seulement il ne faut pas oublier comme certains que le comportement
est avant tout expérience pour l’intéressé, ou les intéressés s’il
s’agit de comportement collectif. Ensuite c’est sur la nature du lien
entre expérience première et re-présentation actuelle comportementale
que les conceptions divergent faisant intervenir le cas échéant un
certain “inconscient”.

La nouveauté ici c’est que le lien est le Sens passant d’un conSensus
d’expérience première à un autre de même Sens dans le comportement
actuel.

On imagine bien que l’expérience première peut être en fait une
chaîne de re-présentations. Il arrive que l’anamnèse débouche sur une
re-présentation de ce qui passe pour expérience première. Dès lors le
rapprochement du comportement et d’une re-présentation mnésique peuvent
apporter les bénéfices de l’intelligence symbolique, discernement du
Sens et “libération” par rapport à des répétitions (re-présentations)
dommageables.

C’est là une clé de tout changement individuel ou collectif.

La mémoire comme re-présentation.

Ce dont je me souviens ici et maintenant est actuel, une
re-présentation.

Re-présentation de quoi ? De multiples tentatives de réponses sont
données. Ici il s’agit d’une re-présentation à partir d’un conSensus
(actualisation du consensus). Alors le consensus activé peut l’être à
partir de multiples sollicitations y compris un travail dit de
centration qui engage une recherche mnésique (chercher à se souvenir,
essayer de se rappeler). On comprendra d’ailleurs que toute influence
sur le consensus actuel peut conduire à une “fausse mémoire”, un réel
souvenir de ce qui n’est pas arrivé pour la personne. On comprendra
aussi comment une mémoire “historique” peut se constituer à travers les
siècles avec quelque fois une étonnante vérité (de Sens) ou aussi de
véritables mystifications.

Une méthode ou une pratique comme re-présentation.

Réalité seconde voulant agir sur une réalité première,
(situation-problème) voilà un usage commun d’un lien opératif entre mode
opératoire et situation sur laquelle il s’applique. Or il s’agit d’une
re-présentation (réalité agissante de la méthode) d’un Consensus de
mêmes Sens que la situation première permettant en fait d’agir sur le
Consensus premier et transformer ainsi la situation (réalité tierce).

On a ainsi l’enchaînement :

Consensus premier Situation première

Consensus second Méthode, mode d’action

Consensus tiers Réalité tierce : solution, réalisation

Une croyance commune veut que la méthode marche, agit sur la
situation première pour produire solution ou réalisation.

Nous voyons ici qu’un travail sur le consensus premier amène à un
consensus tiers et ainsi une réalité première devient réalité tierce par
le biais d’une réalité seconde “apparemment agissante”.

Ainsi toute solution est re-présentation du problème avec un travail
de changement sur le conSensus initial par le biais d’une pratique qui
relève d’une certaine maîtrise humaine... du Sens en ConSensus.

Cette réflexion sur les méthodes et pratiques et débouchant sur des
situations tierces, solutions-réalisations est lourde d’implication qui
sont d’ailleurs à la base de l’ingénierie humaine de l’Humanisme
Méthodologique. Il est bien évident que n’en sont évoquées ici que
quelques éléments des nombreuses questions qu’il a fallu résoudre pour
rendre cela opérationnel et en définir les conditions de maîtrise.

Pour achever ce rapide tour d’horizon pensons aux projets comme
re-présentations, aux théories, comme re-présentations, aux institutions
comme re-présentations, au droit comme re-présentation. A l’art et aux
sciences aussi mais nous y venons.

N’oublions pas maintenant que toute re-présentation est
ré-actualisation d’un ConSensus (dont les conditions font l’objet des
pratiques de l’Humanisme Méthodologique). Elle est re-présentation d’une
réalité première qui est elle-même expérience à partir d’un ConSensus.

Toute re-présentation l’est d’une expérience humaine (réalité
réalisée) à partir de consensus. Elles sont donc toujours témoignage
symbolique et métaphorique de quelque chose (réalité première) mais
toujours de l’humanité des Instances humaines en consensus (pour le pire
ou le meilleur).

L’ART COMME MODE DE RE-PRÉSENTATION DE L’EXPÉRIENCE HUMAINE

Nous allons ici éclairer d’abord la formule titre et ensuite
découvrir comment l’art peut re-présenter l’expérience humaine en
plusieurs Sens.

Sens des conceptions, pratiques et finalités des arts.

On retrouvera dans ces différentes visions des échos déjà connu pour
certains mais aussi des éclairages probablement rejetés par d’autres.

L’art est devenu, bien souvent, comme la science, une sorte de
“sacré” profane dont le dévoilement peut ébranler des tabous et ne pas
plaire mais tel n’est pas ici le but.

L’étude présentée résulte d’une analyse de cohérences des Sens de
l’art. Cette analyse avait été engagée par trois personnes citées en fin
de texte et poursuivie encore récemment pour affiner le discernement des
Sens en jeu.

Tout d’abord quelle expérience humaine s’agit-il de re-présenter dans
l’œuvre d’art. Expériences du monde, de l’univers, des situations ? Ce
sont toutes des “réalités humaines”, d’expérience humaine. L’artiste
participe à sa manière d’un consensus ambiant ce qui rend son œuvre plus
ou moins audible pour l’entendement contemporain (ou lointain). Ce peut
être aussi l’expérience de moments de l’existence humaine, expérience de
vie, de proximité, vie communautaire, culturelle, universelle. Ce peut
être encore plus spécifiquement une “expérience intérieure” où
l’affectivité, l’imaginaire se conjuguent avec des situations premières,
inconscientes, moments d’exception, mémoire ou moment de “conscience
altérée”. Ce peut être encore dira-t-on une expérience spirituelle ou
encore d’une quête.

Il suffit de dire ici que toute expérience humaine est susceptible de
donner lieu à un acte artistique, à une œuvre d’art par un travail de
re-présentation dont on voit bien ce qu’il porte de témoignage personnel
ou collectif, ce qu’il propose à l’expérience des autres sans doute pour
qu’ils se re-présentent quelque chose de l’humain, quelque chose
d’essentiel, quelque chose à partager.

L’art vient comme une parole dans la langue justement de chaque art.

Pré langage ou langage symbolique ? Quelle part prend celui qui reçoit
l’œuvre d’art ? A quel consentement est-il invité, provoqué ? A quoi sert
l’art et à qui ? Voilà bien une question importante. L’importance donné à
l’art est-elle proportionnée à son utilité humaine ? Chaque Sens de l’art
apporte des réponses différentes pour des conceptions et pratiques de
l’art différentes, pour des modes de re-présentation humaine de Sens
différents.

Première alternative de Sens opposés :

- L’art comme métaphore, témoignage symbolique, acte
d’auteur-authentique, parole personnelle, culturelle, universelle.

Au travers d’une réalité première, la re-présentation artistique,
réalité seconde, est œuvre de création car elle trouve sa source dans le
Sens et le ConSensus d’humanité qu’elle actualise. La fonction de l’art
est d’interpeller, d’en faire appel à l’esprit, Sens en écho à celui du
créateur qui a su en témoigner avec pertinence dans une sphère
universelle, culturelle ou de plus grande proximité.

La re-présentation vise bien au-delà de l’œuvre et de la réalité
première elle vise en l’autre la source d’être spirituelle que l’auteur
a su exprimer. L’artiste est ici un témoin de la transcendance de
l’esprit, donc inspiré étymologiquement. Rien de ce qui est humain n’est
étranger à l’art.

- L’art comme reflet des apparences humaines, il tente de
re-produire les réalités d’expériences humaines comme pour les exhiber,
les montrer ou les démontrer par une répétition qui en souligne quelque
trait, les donner en spectacle. Affectant de figurer l’expérience
humaine et ainsi l’homme, l’art en présente le masque, les masques.

L’image, comme la maya, voile plutôt qu’elle révèle. Figuratif ou non
figuratif est affaire de masque de simulation, de similitude entre
l’œuvre d’art et quelque scène d’expérience humaine. Donner à voir
comme dans un miroir tel est la fonction de l’art dans ce Sens.
Duplication et complicité, duplicité du regard.

Seconde alternative de Sens opposés :

- L’art comme manifestation, comme expression, donne à
ressentir, à éprouver de façon plus intense l’expérience humaine.

L’art est manifestation de moments forts partagés. Il joue un rôle
d’intensification, d’activation, de sensibilisation, de mobilisation. Il
fait résonner l’expérience humaine par la médiation de ses instruments
et techniques qui jouent le rôle d’amplificateurs de l’expérience.

C’est l’œuvre elle même qui est amplificateur pour les autres à qui
elle est donnée à éprouver dans une sorte de participation ou de
communion des sens (avec ou sans l’esprit).

- A l’inverse l’art comme interprétation de l’expérience humaine.

Il ne s’agit pas de la dire mais de la comprendre, de l’expliquer, de
l’interpréter. L’œuvre d’art est une enquête donnée pour répondre à une
quête ou la provoquer. De ce fait elle est transposition de l’expérience
humaine, une re-production qui se voudrait quelque peu pédagogique,
éducative, questionnante, porteuse d’un message à comprendre pour
savoir. L’artiste témoin l’est à charge ou à décharge mais s’il à
quelque chose a dire, c’est déjà sa recherche de compréhension.

Les quatre Sens de l’art se conjuguent deux à deux pour donner encore
d’autres conceptions, d’autres visages, d’autres Sens de l’art et sa
fonction du même coup.

L’art réjouissance, communion, chant, “transport en commun”.

Concert d’expériences singulières, il rassemble, il donne à vivre
tant personnellement que collectivement.

La re-présentation d’une expérience humaine personnelle se fait
collective et vice versa. Louange, chœur, termes d’une histoire
religieuse en souci d’esprit et de communion d’esprit, il n’est pas
difficile d’en retrouver l’œuvre, l’œuvre de l’art comme une utilité
sociale communautaire qu’il faudrait mieux connaître à l’heure ou se
défait “la cohésion sociale”, “le lien social”. L’art vient donc pour
nouer la communauté de Sens, communauté d’esprit faire partager un
consensus d’humanité, le Sens d’un bien commun. Le“créateur” en
témoigne, la communauté le partage et s’en réjoui. Là est la beauté
toujours humaine.

A l’inverse l’art dénonciateur, réducteur, interprétation tragique de
l’expérience humaine.

Il donne à voir le mal commun, la banalité du mal dans l’expérience
humaine.

Combien d’œuvres fondées sur quelque dénonciation, stigmatisation,
figure de la chute. Combien les chants désespérés paraissent, dit-on,
les plus beaux, peut être parce qu’ils blessent au plus profond et que
la scène dit en même temps ce n’est qu’images, figuration, comédie,
offrant un soulagement qui apparaît là, bienfaisant sur le coup et
fascine par l’ambiguïté sur laquelle est épinglée l’humanité présente
ainsi re-présentée. Cet art serait-il thérapeutique ? cathartique ?
L’hypothèse reste ouverte de l’efficacité de l’opposition du mal contre
le mal dont l’art nous offre tant de figures souvent grimaçantes.

Il y a encore l’art de la maîtrise de l’expérience humaine.

Quête du Sens, de l’esprit, l’art est d’abord discipline, cheminement
intérieur au travers d’un parcours, celui du travail de la quête. L’art
est celui de l’atelier où c’est l’artiste lui-même qui est en chantier
par la médiation de l’œuvre. Aux autres il offre les chemins ouverts,
la discipline de sa propre maîtrise dont les “master class” sont une
pratique moderne. Travail de quête donc de révélation dans toute
réalisation, l’œuvre d’art invite au voyage, à l’engagement, à la
visée, à l’épreuve du chemin. On conçoit facilement les multiples voies
et disciplines que les arts re-présentent autant de tentatives de faire
progresser et d’accomplir l’humanité , de l’initier à son humanité. Mais
n’est-ce pas le terrain de nombreuses activités humaines que l’art
pourrait investir chaque fois où l’exercice d’une maîtrise est donc sa
culture est nécessaire. C’est comme cela que l’art est aussi le nom de
la maîtrise d’une profession dont on parle des règles en en oubliant
trop souvent l’esprit et sa quête motrice et génératrice.

Il y a enfin à l’inverse un art monstration.

Exposition ostentatoire des pulsions humaines dans tous leurs états
court-circuitant le personnel et l’universel dans une manifestation
dyonisiaque à laquelle est invité le spectateur pour s’en faire
l’acteur.

Érotisation de l’expérience humaine l’art se fait prosélyte de toutes
les formes de jouissances des sens invitant justement à la coïncidence
de l’acteur, spectateur, auteur avec cette jouissance des sens. Ce n’est
pas sans plaisir évidemment qu’il y répond plaçant l’art comme grand
ordonnateur des plaisirs dans une société qui en fait commerce et
tendrait à y fonder toute une part de son économie. De quel culte cette
culture témoigne-t-elle ? A quels cultes d’idoles mises en vedettes
invite-t-elle ?

 

Il serait bien hasardeux de se précipiter sur un cataloguage rapide
des arts et traditions, œuvres et artistes, scènes et pratiques
sociales.

L’angélisme n’est pas toujours louable selon qu’il confond les sens
et les Sens, affects et esprits.

De même l’hygiénisme disciplinaire n’est pas chemin de maîtrise même
s’il en porte abusivement l’étiquette. L’art comme mode de
re-présentation de l’expérience humaine, prend on le voit, différent
Sens, portant ainsi différentes visées. On y reconnaît parmi elles ce
qui contribue à l’intelligence symbolique personnelle et collective, la
révélation du Sens humain en consensus dans la communauté de Sens, sous
réserve de se mettre en quête et cultiver le Sens du bien commun.

Les artistes auteurs créateurs en sont les témoins révélateurs aux
postes avancés et souvent exposés de l’histoire de l’accomplissement de
l’humanité et ses errances.

 

LA SCIENCE COMME MODE DE RE-PRÉSENTATION DE L’EXPÉRIENCE HUMAINE

Nous voilà très vite au seuil de querelles dont une récente affaire
(Sokal) a fait grand bruit. La désaffection pour la science à comprendre
comme désaffectation ou dés-amour peut être, est aussi un symptôme qui
parmi d’autres questionnent de plus en plus vivement la nature et les
finalités de la science. Nous sommes, comme pour l’art dans une
sacralisation du profane qui s’est voulu, il n’y a pas si longtemps,
indépendant du sacré. On a ainsi fait de Descartes, de Newton et même de
Galilée des référents d’un type de science en les emputant et leur œuvre
avec de ce dont ils avaient pris soin de témoigner, des racines
spirituelles de leur œuvre.

Alors restent entières des énigmes qui portent sur les fondements
eux-mêmes. Les mathématiques et les réalités pourquoi y a-t-il une telle
pertinence des premières ? Quelle est leur véritable nature ? Qu’est-ce
que la “nature des choses”. Reste dans le mystère le réel même de
notions comme le temps, l’espace, l’énergie, la force, la masse, la
gravité, le hasard. Même les nombres ne sont pas si clairs que cela
quand on les interroge. La complexité devenu un nouveau paradigme ouvre
encore à d’autres voies. Mais où mènent ces voies ? Telle est la question
qui va se faire de plus en plus pressante.

Une carte de cohérence (dite épistémologique) comme celle utilisée
ici nous place à un carrefour de Sens où chacun ouvre une voie selon
laquelle se définit la science, elle se construit, elle détermine ses
finalités et aussi ses pratiques.

La science comme mode de re-présentation de l’expérience humaine, la
formule interpelle.

D’abord re-présentation. Le terme ne choquera pas ceux qui y voient
une “modélisation” de la réalité comme un double qui explicite et permet
de connaître et comprendre cette réalité et son fonctionnement.

Ce n’est pas sur ce terme que les difficultés vont d’abord surgir
mais sur celui de réalité. En effet nous disons ici re-présentation
d’expérience humaine ayant montré par ailleurs et rappelé ici que toute
réalité est une réalité d’expérience humaine.

C’est ainsi que si l’on interroge les dimensions de l’expérience
humaine, expérience du Sens en conSensus avec d’autres, on les retrouve
comme dimensions de la réalité. Cela dit ce lien ne devient clair
qu’avec l’Humanisme Méthodologique et son anthropologie fondamentale.

Nous allons seulement envisager ici en quels Sens la science peut
être dite ou se dire re-présentation de l’expérience humaine.

Une première alternative de Sens opposés.

La science comme constat.

Les choses sont ce qu’elles sont, il faut se rendre à l’évidence. Un
“procès verbal” du constat doit être établi. Il ne doit rien laisser à
une quelconque subjectivité humaine. La re-présentation doit être
objective, c’est-à-dire de point en point déterminée par l’état de fait
auquel le constat doit être soumis comme constat d’évidence et non de
jugement ou d’évaluation. En outre, les termes du constat ne peuvent
être laissés à l’arbitraire d’un langage ou d’une culture humaine. Il
doit être de définition absolue et donc tout devoir à la nature des
choses et rien à l’humanité sauf comme produit de la nature des choses.
S’il y a mesure elle doit être indépendante du “mesureur” et de son
protocole de mesure semblerait-il si l’on voulait être parfaitement
rigoureux. Mais n’y aurait-il pas quelque faille dans cette absolue
négation du sujet ... par le sujet ?

C’est tout une signification de la “méthode scientifique qui est
établie là”. La science réduit l’homme à sa plus simple expression,
agent de constat. L’expérience est dite réalité puis niée comme telle.

A l’inverse la science doit tout à l’appréciation humaine des
choses

Seule notre expérience nous les donne à connaître. Rien ne peut être
nommé, mesuré, apprécié, mis en relation, évalué sans que ce soit à
l’aune de l’humanité ou plutôt des significations humaines.

Ainsi la science déploie des capacités humaines de dire l’expérience.
Ne va-t-on pas jusqu’à construire des expériences pour ensuite, par un
protocole conçu par les hommes nommer et “théoriser” ce que l’expérience
éclaire. Théorie et pratique se répondent comme deux modes de
re-présentation secondes d’expériences premières. Ainsi la science se
construit peu à peu au fur et à mesure de la recherche de
re-connaissance selon des finalités et des voies humaines de recherche.
Elle se construit simultanément en théorie et en pratique alternant
entre des modes de représentation différents.

Une autre alternative est celle-ci

La science met en évidence des structures abstraites explicatives.

Elles re-présentent la réalité mais aussi la réalité en est
re-présentation. On a ici par exemple une relation d’équivalence
formelle entre une re-présentation mathématique et une re-présentation
du phénomène à tel point que l’on voudrait que les modèles mathématiques
soient le reflet de la réalité et celle-ci le reflet des lois
mathématiques.

Le Sens humain est évidemment évacué et du coup ce que re-présentent
les mathématiques avant de re-présenter la réalité reste un mystère. La
réalité en question, appréhendée au travers des modèles et des calculs
n’implique pas non plus qu’il y ait re-présentation de quelque chose
hormis des supposées lois scientifiques de formes mathématiques (pensée
idéaliste).

La science découverte de la réalité de l’expérience humaine.

L’homme découvre son monde et la science exprime cette découverte.
Elle est ainsi œuvre de créativité, d’imagination, d’élucubration peut
être mais elle reste une version humaine de la reconnaissance de son
monde et des processus qu’il s’y développe.

La science est bien alors re-présentation imaginée, “théorisée”,
“pensée” de l’expérience humaine comme le sont les mathématiques. De ce
fait l’expérience comme les mathématiques peuvent se faire
re-présentation réciproques étént l’une comme l’autre actualisation de
mêmes Sens, comme une réalité et un langage pour la dire.

A la croisée de ces quatre Sens quatre autres portent des conceptions
de la science bien différentes.

La science puissance.

Elle se conçoit comme acte de puissance. La re-présentation d’une
réalité est comme une re-création permettant d’établir une emprise sur
cette réalité comme un droit une intervention dans le sacré. L’homme
démiurge, l’homme prométhéen, tout a été dit sur cette science. Elle est
domination mentale quasi sacrée sur le monde factuel grâce à la
mobilisation de la volonté réduite aux affects (envie, besoins). Les
“pouvoirs” de la science et des scientifiques tiennent à l’idée qu’ils
se fait de leur puissance de re-présentation scientifique monopole qui
leur donne une aura entretenue à distance du commun.

Lorsque l’homme se re-présente bien la réalité, qu’il en a
“l’expérience”, alors il peut s’en rendre maître, en rivalité avec tout
autre qui a le même projet et qui renforce la volonté de puissance. La
guerre fait toujours avancer cette science là.

A l’inverse la science rationalisation.

Elle cherche à se re-présenter les véritables raisons sous-jascentes
à ce que l’expérience nous donne à appréhender.

Il s’agit là à nouveau d’une science modélisante mais pour raisonner
sur l’expérience. La science est re-présentation des vrais raisons des
choses, raisons pratiques et raisons théoriques et elle est de ce fait
ce qui fait lien entre les deux.

La science fruit de la Raison devient donc maîtresse des affaires
humaines.

Il semble bien quelque fois qu’il n’y ait que le projet scientifique
lui même qui ne soit pas régi par la science ou la Raison.

L’autre alternative est celle-ci :

La science décrit le système du monde

Ainsi elle le re-présente par le biais encore de modélisations et
considère en même temps que la réalité est objectivement rien d’autre
que ce qu’elle décrit ainsi.

Il y a là identification de la science et de la vérité de la nature
des choses. Rien n’échappe à la science et rien n’échappe à la réalité
qu’elle décrit qui est la seule véritable réalité indépendante de toute
description affirme-t-elle. Ainsi l’homme scientifique ne fait ici que
re-présenter la réalité qui s’impose à lui, à son cerveau plus
précisément par le biais des mécanismes scientifiques. Re-présentation
et réalité représentée sont dans un collapsus où s’abîme toute humanité
de l’homme donc toute science “humaine” et toute expérience “humaine”.

Enfin à l’inverse la science est conscience humaine

Intelligence symbolique de l’expérience en consensus, elle est
re-présentation fidèle puis révélatrice pouvant ainsi être valablement
re-présentée dans l’action. La science est une autre terme pour la
conscience qui développe la maîtrise de l’expérience humaine fonction du
consensus. Ainsi ce ne sont que par des re-présentations humaines
symboliques notamment langagières mais aussi artistiques que la science
peut s’exprimer et ainsi favoriser toute re-présentation réalisatrice et
révélatrice.

C’est par ce fait même de la re-présentation que la science en
conscience se développe offrant la possibilité non seulement de mieux
réaliser le monde d’expérience humaine et le Sens du bien commun mais
aussi de révéler l’humanité de ce monde, de cette science et de faire
advenir ainsi la plénitude d’être humain.

Et le savoir là dedans ou “les savoirs” ? Ce ne sont que
re-présentation reste à savoir en quels Sens.

Donnons en ici quatre versions

Le savoir ou re-présentation scientifique c’est :

- l’accès à une puissance

ou

- une approche de la vraie Raison des choses

- la mise en évidence de la véritable réalité des choses

ou

- un témoignage révélateur des sources humaines de l’expérience.

CONCLUSION

L’art et la science sont deux activités humaines directement
construites autour de représentations. Re-présentations de quoi ? de qui ?
dans quel but ? tel est l’enjeu au début d’un nouveau millénaire. Nous
nous sommes habitués à ne pas poser ces questions notamment enb science
parce qu’en est venu à dominer l’idée d’une absence d’écart entre la
représentation produite et la chose représentée où s’il subsistait ce ne
pouvait être que par défaillance humaine. la place de l’homme c’est la
défaillance, le défaut , la faute. Les défenseurs de la nature des
choses ont une seule activité dénoncer l’homme.

Or le processus humain de re-présentation dit quelque chose de
l’humain et s’il dit quelque chose d’autre c’est encore de l’humain de
l’expérience humaine qui est fait de conSensus.

Ainsi les mathématiques “pures” sont de re-présentations symboliques
de configurations humaines et il n’y en a que deux (et tous leurs
dérivés)

- les Sens en conSensus que l’anthropologie fondamentale de
l’Humanisme méthodologique montre comme étant le cœur de l’homme, “un
royaume qui n’est pas de ce monde”

- la structure cohérencielle et sa logique trialectique qui est celle
de toute réalité d’expérience humaine et donc aussi toute
représentation.

C’est ainsi qu’entre les mathématiques et les réalité physiques par
exemple il y a deux types de relations

- une relation structurelle dont on retrouvera la trace dans les
termes mêmes de la modélisation mathématique de la réalité physique
(grandeurs de base, aléas, rationalité, dimensions, etc.). C’est celle
qui fait croire que l’identité formelle suffit à expliquer les
phénomènes alors que le lien reste toujours mystérieux et le mystère
dans l’indifférence des croyants de la science.

- une relation essentielle qui est le Sens et le conSensus au cœur
des hommes et qui à la fois permet l’expérience “réalité” et sa
re-présentation et ainsi par leur confrontation révèle le cœur des
choses qui est celui de l’homme.

Dans l’art l’intuition d’un essentiel de l’homme est présent mais
l’égarement (humain) bien fréquent. Malgré tout l’art délivre un message
sur l’homme- auteur , la culture commune, l’universel. Il ne cesse
d’interpeller même si on regarde à côté du sujet.

Dans l’existence une grande part des activitésx humaines sont des
activités de re-présentation. Les unes pour conforter notre existence et
donc l’expérience que l’on appelle la vie et aussi le monde. Les autres
pour réaliser et révéler notre humanité peu à peu l’un par l’autre.
toutes les divagations sont possibles autant que de Sens en l’homme et
donc de conSensus possibles.

Ce qui se révèle au seuil du millénaire, celui de l’esprit, c’est
justement l’enjeu de la réalisation et de la révélation de l’homme au
travers de toutes les activités humaines grâce à notre possibilité de
re-présentation de l’expérience. Ce qui se révèle aussi c’est le Sens de
l’accomplissement personnel, le Sens du bien commun pour chacune de nos
communautés, le Sens de l’humanité et du progrès humain. Etait-ce
possible avant que ce Sens soit révélé ? mais n’est-il pas révélé depuis
le début de l’histoire ? Il ne suffit pas qu’il le soit pour que tous le
discernent c’est pour celà que l’homme a besoin de l’histoire pour
s’accomplir.

Pour le lecteur qui découvre soulignons que l’humanisme
Méthodologique met cela en application tant pour éclairer les affaires
humaines et leur actualité que pour proposer des approches et des
méthodes qui ont déjà largement fait leurs preuves depuis plus de 25
ans.

Quelques références pour approfondir les questions évoquées ici et
constituant les bases de l’Humanisme Méthodologique.

Principales bases de l’anthropologie fondamentale


http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/Theses.html

Un tableau général des bases de l’Humanisme
Méthodologique (suite de textes)


http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/HM.html

La réalité réalisée


http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/eclreare.htm

la trialectique sujet objet projet


http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/trial.htm

Voir aussi l’intelligence collective


http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/intelcol2.html

Un panorama des implications foisonnantes de
l’humanisme méthodologique et d’applications de terrain.


http://www.coherences.com/TEXTES/DIVERS/chrono.html

 

L’analyse des Sens de l’art et la carte de cohérences
avaient été engagées dès 1989 par André Alexandre, Bruno Lebel et
Jacques Kadecka †.


http://www.coherences.com/TEXTES/DIVERS/Lecture.html

 

 

 

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