La chirurgie sous hypnose se développe

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

Pouvoir être conscient pendant une opération chirurgicale sans pour
autant souffrir et en écoutant l’anesthésiste évoquer des souvenirs
agréables à son oreille, c’est ce que proposent quelques équipes
d’anesthésistes et de chirurgiens qui pratiquent des opérations sous
hypnose en France et à l’étranger.

Cette technique confortable et moins risquée pour le patient qu’une
anesthésie générale a été présentée mercredi lors du XIIIe congrès
mondial des anesthésistes qui s’est déroulée en 2004.

La chirurgie sous hypnose se développe

Florence Sebaoun, Associated Press Paris

« L’hypnose correspond à un état modifié de conscience », a déclaré le Pr
Marie-Elisabeth Faymonville, du département d’anesthésie-réanimation du
CHU de Liège, un centre pionnier dans ce domaine. « C’est un processus
psychologique auquel chaque individu a accès, un autre mode de
fonctionnement de notre cerveau qui nous permet de focaliser notre
attention différemment. »

Utilisée en chirurgie plastique (lifting, prothèses mammaires), en
chirurgie endocrinienne (thyroïde) et gynécologique (hystérectomie),
l’hypnose se pratique sous anesthésie locale au niveau de la plaie et
est associée à une légère sédation pharmacologique, « à doses
homéopathiques », a précisé le Pofesseur Faymonville, « les médicaments
renforçant les effets de l’hypnose ».

Un impératif toutefois : la méthode ne peut bien entendu se faire sans
l’accord du patient. « On n’est pas hypnotisé contre son gré. On se met
soi-même dans le processus. Il existe d’ailleurs des virtuoses de
l’hypnose »
, a indiqué cette spécialiste qui propose la méthode autant
que possible.

Selon elle, l’idéal en anesthésie est d’assurer le confort physique du
malade pendant l’opération, sans anxiété, et de permettre une
récupération post-opératoire idéale. Des avantages qu’offre à ses yeux
l’hypnose. « L’hypnosédation permet de diminuer la douleur
post-opératoire tout comme les nausées et les vomissements. »

De plus, « les gens sont moins fatigués après l’intervention. Ils n’ont
pas de coup de pompe », a-t-elle souligné, faisant référence à une étude
menée dans son service et comparant l’hypnosédation à l’anesthésie
générale. « L’hypnosédation a permis aux opérés de reprendre leur travail
13 jours plus tôt que ceux ayant bénéficié d’une anesthésie générale. »

En pratique, c’est au patient de donner à l’anesthésiste des informations pour son voyage sous hypnose. « Un vécu agréable, un voyage, des couleurs... c’est une technique d’induction. L’accompagnateur doit créer les conditions favorables au processus d’hypnose. Durant toute l’opération, l’anesthésiste parle au patient pour maintenir le processus. » Une musique de fond et la possibilité pour le patient de manifester sa gêne s’ajoutent au confort du patient.

Pour preuve : selon les résultats d’une étude menée dans le service du Pr
Faymonville, sur 4300 patients sous hypnosédation, 18 ont finalement eu
besoin d’une anesthésie générale, dont quatre seulement pour inconfort.
Un résultat satisfaisant car, loin d’être sans conséquences, l’anesthésie générale qui aboutit à un « coma anesthésique réversible » agit sur « le système nerveux central dont il modifie les neurotransmetteurs », et a par ailleurs « des répercussions cardio-vasculaires ».

Reste que l’hypnosédation est une méthode thérapeutique qui impose une
formation spécifique.

En France, un diplôme universitaire en valide la formation.