LE SYNDROME DE KORSAKOFF, psychose amnésique de Korsakoff Sergueï Sergueïevitch Korsakoff - Son nom reste lié à ses travaux sur l’amnésie (psychose amnésique de Korsakoff) et la psychopolynévrite alcoolique.

, par  Amessi, Grainede Ble , popularité : 10%

Sergueï Sergueïevitch Korsakoff (Né le 22 Janvier 1854 à Vladimirsk /Gus Chrustalny, mort le 1 Mai 1900 à Moscou) est le premier grand psychiatre russe.

Son nom reste lié à ses travaux sur l’amnésie (psychose amnésique de Korsakoff) et la psychopolynévrite alcoolique.

LE SYNDROME DE KORSAKOFF

Le syndrome de Korsakoff, c’est une maladie terrible et réelle, analysée en profondeur par le psychologue russe Sergueï Korsakoff à la fin du 19e siècle, qui veut que l’on oublie une bonne partie des choses, une certaine forme d’amnésie.

Ses qualités professionnelles et pédagogiques (Sergueï Korsakoff écrit en 1893 un excellent manuel de psychiatrie) en font le père de la psychiatrie russe. Modeste et juste, Sergueï Korsakoff se soucia constamment d’humaniser le traitement des malades mentaux.

Il se fait l’avocat du principe de « non-restriction » et de l’abandon de la camisole.

Il exprime lui-même sa méthode : « le succès du psychiatre dépend de son habileté à cerner la personnalité de son patient par son expérience mais aussi par sa sympathie et sa bonté envers le patient. »

L’ingestion d’alcool pendant une longue période peut occasionner des troubles neurologiques appelés « syndrome de Korsakoff », où prédomine l’amnésie, ou, dans sa forme aiguë, « encéphalopathie de Wernicke », que l’on détecte surtout chez le malade âgé présentant des symptômes d’ataxie et de confusion.

Le syndrome de Korsakoff vient se greffer sur l’encéphalopathie dont il est une séquelle résiduelle et débute souvent de manière insidieuse.

La personne âgée souffre d’abord de problèmes mnésiques impliquant la mémoire à court terme et la mémoire à long terme, et de difficultés à faire de nouveaux apprentissages. Ces défaillances augmentent avec le temps ou à la suite d’une ingestion massive d’alcool. La personne devient alors incapable de dire ce qui est arrivé la veille, ce qu’elle a mangé au petit déjeuner ou encore l’endroit où elle est née.

Le syndrome amnésique se développe généralement après des années d’absorption d’alcool et serait causé par une carence en thiamine, mais aussi par une déficience prolongée en niacine, en pyridoxine et en tryptophane}

.

Les pertes de mémoire peuvent survenir après une période de confusion et s’accompagner d’autres symptômes neurologiques, c’est-à-dire de dysarthrie, de désorientation, d’ataxie (perte d’équilibre), d’une tendance à la fabulation, de polynévrites et de divers troubles psychiques (personnalité excentrique, soupçonneuse, dépendante, antisociale ou sexuellement déviante). Non traitée, cette affection dégénère en une forme sérieuse de démence (Blazer, 1990, p. 171).

Chez la personne âgée qui boit, les risques d’intoxication sont très élevés. Si elle poursuit son absorption d’alcool à une période de sa vie où son organisme est moins apte à en gérer le métabolisme, elle s’expose à des problèmes de toxicité. Plus elle boit, moins elle est capable de tolérer l’alcool.
Elle devient plus rapidement intoxiquée que la personne plus jeune parce que son organisme renferme moins d’eau. La même quantité de boisson alcoolique ingérée par un vieillard et un jeune homme du même poids provoque une concentration alcoolique plus grande et un risque accru de toxicité chez la personne vieillissante.

De plus, les enzymes hépatiques sont moins performantes et le métabolisme de l’alcool, plus lent.

D’autre part, certains problèmes tels l’anxiété, la douleur ou les préoccupations portent la personne vieillissante à augmenter sa consommation de boissons alcooliques. Les personnes les plus à risque sont celles qui sont isolées ou repliées sur elles-mêmes.

Certains agents stressants sont aussi souvent associés avec l’alcoolisme du vieil âge. Mentionnons la mise à la retraite, la perte du conjoint ou d’un parent proche, les conflits familiaux et les problèmes de santé.

La pharmacodépendance constitue une difficulté supplémentaire.

Dan Blazer (1990, p. 72) évalue qu’environ 10 p. cent des alcooliques sont dépendants de certains médicaments utilisés contre la douleur, contre l’insomnie ou pour calmer les nerfs.

L’association de médicaments et d’alcool augmente encore les risques de démence. Certains alcooliques remarquent les effets plus marqués de leur « pinot » avec l’âge et diminuent leur consommation, mais d’autres n’en font rien et l’augmentent même, s’exposant ainsi à de sérieux problèmes.

Le traitement consiste surtout à administrer de la thiamine par voie intraveineuse ou intramusculaire. Les problèmes reliés aux déficits cognitifs sont traités de la même manière que pour les autres démences.

source : Russie.tv