Grippe H1N1 : les critiques pleuvent contre le gouvernement

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

« Faute stratégique lourde », « moyens surproportionnés » : de nombreux politiques, mais aussi des médecins, vilipendent la gestion par le gouvernement de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1.

De violentes critiques, essentiellement venues des politiques, mais aussi de médecins, se sont abattues lundi 4 janvier sur le gouvernement, pour fustiger sa gestion de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1, après l’annonce de la revente d’un certain nombre de doses de vaccins.

« Fiasco », « scandaleux échec », « faute stratégique lourde » : du Parti socialiste au MoDem, en passant par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et certains médecins, les mots étaient sévères pour dénoncer la campagne de vaccination contre la grippe H1N1.

L’annonce dimanche de la revente à l’étranger d’une partie du stock de vaccins commandés en excédent, afin d’alléger la facture, a mis le feu aux poudres. Les attaques existaient jusque-là, mais elles étaient contenues.

Grippe H1N1 : les critiques pleuvent contre le gouvernement


NOUVELOBS.COM | 04.01.2010 | 16:26

En vue d’une pandémie mondiale redoutée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ministère de la Santé avait commandé l’été dernier 94 millions de doses de vaccins - d’un montant total de 869 millions d’euros, selon le ministère - misant sur une double injection par personne.

Mais à partir du 20 novembre, il est apparu qu’une dose unique suffisait à protéger les patients. A ce moment-là, la France a commencé à se tourner vers l’étranger pour écouler ses stocks.

Hamon demande une commission d’enquête

Premier à brocarder le gouvernement, le socialiste Jean-Marie Le Guen a réclamé dimanche une « mission d’information parlementaire ». Lundi, le porte-parole du PS Benoît Hamon a pris le relais, demandant cette fois une « commission d’enquête », plus contraignante qu’une mission. Une requête reprise par Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du Nouveau Centre, ainsi que par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République et par le NPA qui, comme le PS, a dénoncé une « gabegie » financière au profit « des laboratoires pharmaceutiques ».
A droite, le député UMP et professeur de médecine Bernard Debré a joint sa voix aux critiques, en vilipendant le « principe absurde, poussé à l’extrême, de précaution ».

François Bayrou a jugé pour sa part que le gouvernement avait commis « une faute stratégique très lourde », notamment en ne faisant pas appel aux généralistes pour la vaccination. Pour autant, le président du MoDem s’est refusé « à jeter la pierre au fait qu’on ait pris des précautions ».

Des moyens « sur proportionnés »

Le virologue Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des virus de la grippe pour le sud de la France, a de son côté reconnu lundi qu’« on en a fait beaucoup plus que ce qui était nécessaire » contre la grippe H1N1, tout en soulignant qu’« on ne le sait que maintenant ».
« Rétrospectivement, c’est clair aujourd’hui qu’on a développé des moyens qui sont d’une certaine façon surproportionnés, je ne voudrais pas dire disproportionnés, mais de taille supérieure à la cible », a déclaré le spécialiste sur RTL.
« Il y a trop de vaccins en France, mais ceci, il faut le revoir au fil des événements qui se sont passés au cours de cette pandémie (...). On ne peut pas faire un état des lieux simplement maintenant », a-t-il souligné.

« ça n’a pas été un succès »

« Tout ceci est lié au fait que, finalement, au cours de cette pandémie nous n’avons fait qu’accumuler d’excellentes nouvelles : il ne fallait qu’une seule dose pour le vaccin, le virus n’était pas aussi dangereux qu’on l’avait cru », a expliqué le Pr Lina.

« L’épidémie n’est pas terminée », a cependant mis en garde le virologue, assurant qu« ’il y aura une deuxième vague ». « Il est possible qu’au cours de la deuxième vague les formes graves soient observées avec une plus grande fréquence », a-t-il souligné.

A propos de la campagne de vaccination, le spécialiste a jugé que « clairement, ça n’a pas été un succès ». « On voit que les centres de vaccination ont leur intérêt, mais ont aussi leurs limites », a-t-il dit.

« Si on veut avoir une bonne adhésion à la vaccination, il faut qu’on change probablement quelque chose, certainement en passant par les généralistes », a encore jugé le Pr Lina.

(Nouvelobs.com)

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