DHEA : un effet sur l’hypertension artérielle pulmonaire
La DHEA, la molécule dont l’effet sur le vieillissement est controversé, aurait un impact thérapeutique intéressant sur une affection relativement rare, l’hypertension artérielle pulmonaire. Récemment, l’équipe du professeur Etienne-Emile Baulieu - également président de l’Académie des sciences - a publié dans la revue de l’Académie des sciences américaines (1) les résultats d’une étude expérimentale montrant les effets inattendus de cette hormone sur la sphère artérielle pulmonaire. Forts de ces résultats, des essais cliniques contrôlés chez l’homme sont en cours, à Bordeaux et à Strasbourg.
Bonnet et ses collègues ont étudié des rats soumis à une hypoxie, et donc à l’hypertension artérielle pulmonaire ainsi qu’aux altérations cellulaires de la paroi artérielle et cardiaque qui en résulte. Ils ont ainsi montré que lorsque l’on administre la DHEA aux rats avant de les soumettre à l’hypoxie, l’hypertension artérielle pulmonaire ne se développe pas. Parmi les nombreux détails étudiés par les chercheurs, notons que la pression artérielle périphérique générale ailleurs qu’au niveau pulmonaire n’est modifiée ni par l’hypoxie, ni par l’effet de la DHEA.
« Il est intéressant de confronter les résultats expérimentaux chez l’animal aux résultats d’une étude épidémiologique poursuivie par le professeur Jean-François Dartigues et ses collaborateurs depuis quinze ans, sous le titre de Paquid, chez des sujets de plus de 65 ans, poursuit le professeur Baulieu. Les recherches ont été principalement conduites dans les laboratoires Inserm U 330 et U 488, aidés par le programme Artémis-Fondation nationale de gérontologie et par les fondations Edmond-de-Rothschild et Florence-Gould (New York). Les chercheurs, lors de cette étude, ont noté la corrélation très significative statistiquement entre le taux de DHEA bas chez ces personnes de plus de 65 ans et une durée de vie moins longue et une plus grande fréquence de gêne respiratoire. » La DHEA aux doses utilisées dans les essais thérapeutiques en cours n’aurait aucun effet secondaire particulier.
(1) Proc Natl Acad Sci USA 100 : 9488-9 493,2003.
source : Le Figaro Sciences




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