Contre le carnage des poissons

, par  Grainede Ble , popularité : 2%

Contre le carnage des poissons

Poissons, le carnage. Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur les poissons, la pêche, les élevages, les aquariums et tout ce qui s’ensuit... et que vous ne saurez jamais si vous ne lisez pas ce livret. Textes de Joan Dunayer entre autres. Éditions Tahin Party.

« Leur habitat et leur environnement couvrent 70% de la surface du globe ; et pourtant nous les connaissons peu ; et malgré cela nous n’hésitons pas à les décimer à grande échelle et à les tuer dans des conditions terribles. » Alors que notre considération pour les animaux commence lentement à émerger, elle concerne très peu les poissons. On pourrait même dire que, dans beaucoup de cas, elle se retourne vers eux : écœurés par les conditions d’élevage et d’assassinat des mammifères, les carnivores prennent davantage l’habitude de manger des poissons. Comme si leurs conditions d’élevage et de tuerie n’étaient pas aussi atroces, voire plus : « Imaginons le tollé si les éleveurs poussaient leurs troupeaux dans des étangs pour les abattre ! C’est pourtant peu différent de ce qu’on fait subir aux poissons en les remontant à l’air libre pour les laisser s’asphyxier lentement. »

On connaît si peu les poissons qu’on les imagine dénués de sensibilité. À tel point qu’il n’est plus question d’individus mais de « produits de la mer », exprimés en tonnes sans différenciation entre poissons, crustacés et mollusques. Qui se soucie de ces étalages où des poissons agonisants halètent encore, où l’on attache les pinces des homards ? Qui sait que dans la pêche au chalut, le frottement des animaux les uns contre les autres leur mettent les flancs à vif, que la décompression subie en remontant à l’air fait « éclater la vessie natatoire ou sortir les yeux de leur orbite ou l’œsophage et l’estomac par la bouche » ? Que la plupart des adeptes de la pêche de loisir affirment que leurs victimes ne souffrent pas ? Que « nul autre massacre sur notre planète ne peut être comparé, par le nombre de ses victimes à celui-ci » ?

Réaction nécessaire

Ce livret sur le carnage des poissons nous apprend énormément, par exemple que leur système nerveux est l’un des plus comparables au nôtre. Mais comparativement à l’image négative de la « boucherie », partout, dès le moindre fil d’eau, la pêche à la ligne représente l’image même de la sérénité. Or, le poisson, au même titre que n’importe quel animal, est doté de sensibilité.

Mais ce livret nous apprend beaucoup aussi sur l’expérimentation génétique (où les poissons sont au premier plan), les poissons en boîte (on est loin de la pêche d’animaux « sauvages » !), l’élevage en vue de produire de la farine animale ou de l’huile (il ne faut surtout pas croire à la diminution de ces pratiques suite aux scandales de la vache folle : on s’habitue à tout et l’agroalimentaire sait cacher ses habitudes les moins ragoûtantes sous des emballages de fraîcheur très tentants). Il y est également question de l’aquariophilie, seul domaine où il n’existe aucune disposition légale ! De la pisciculture : « Les méthodes de »mise à mort« qui y sont en vigueur, si elles étaient appliquées à tout autre animal, entraîneraient des poursuites pénales ! »

Face à toute cette horreur, il y a bien sûr une réaction nécessaire.

La première résistance consiste évidemment à ne pas participer, à ne pas cautionner, en clair à ne pas manger leur chair martyrisée. Ensuite, il faut « changer la représentation que notre société se fait des poissons, attirer l’attention sur le fait qu’ils sont sensibles, éprouvent le monde, vivent leur vie bien ou mal. » Militer pour leur cause par la diffusion, l’organisation d’événements, le sabotage de la pêche (« faire du bruit pour faire fuir les poissons ») ou rejoindre des groupements déjà constitués. On se sent tellement mieux quand on ne laisse plus le mal se faire !

Alias

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