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Cerveau de gauche, Cerveau de droite

Les électeurs de gauche et ceux de droite se distingueraient aussi par leur activité cérébrale.
samedi 21 avril 2012
par  Amessi, Grainede Ble

Les électeurs de gauche et ceux de droite se distingueraient aussi... par leur activité cérébrale.

La politesse veut qu’en bonne société, on ne parle ni de politique, ni de religion. Dès que la discussion s’engage sur le terrain politique, les débats s’enflamment, les antagonismes éclatent au grand jour et les propos se durcissent. Comme si les personnes les mieux intentionnées (souvent des amis de longue date) se montraient soudain capables de s’entre-déchirer dès que le sort du pays est en jeu.

 Cerveau de gauche, cerveau de droite

 Les électeurs de gauche et ceux de droite se distingueraient aussi par leur activité cérébrale.

La politesse veut qu’en bonne société, on ne parle ni de politique, ni de religion. Dès que la discussion s’engage sur le terrain politique, les débats s’enflamment, les antagonismes éclatent au grand jour et les propos se durcissent. Comme si les personnes les mieux intentionnées (souvent des amis de longue date) se montraient soudain capables de s’entre-déchirer dès que le sort du pays est en jeu.

Ces dissensions s’enracineraient dans le cerveau, comme le laisse supposer une étude préliminaire menée par l’Institut de neuropsychiatrie de l’Université de Los Angeles, sur un nombre encore restreint de volontaires. Devant des messages de campagne républicains ou démocrates, l’activité cérébrale des électeurs diffère selon leur appartenance politique, comme si leur cerveau les traitait différemment. Si les opinions sont ancrées dans les connexions du cerveau, rien d’étonnant à ce que personne ne veuille en démordre.

[(L’expérience consistait à projeter, pendant une heure, des messages de campagnes politiques à des volontaires allongés dans un scanner d’imagerie cérébrale par résonance magnétique. On enregistrait les zones cérébrales activées par ces stimulations. Onze volontaires ont été testés ; Marco Iacoboni, qui a conduit l’étude, affirme qu’il faudra examiner deux fois plus de personnes pour en tirer des conclusions définitives. )]

Toutefois, l’observation la plus radicale concerne les réactions des sujets à un message de campagne de George W. Bush : [*dans ce message, le discours politique est prononcé en alternance avec les images des attentats du 11 septembre contre les tours du World Trade Center.*]

Le discours engage la nation à soutenir l’effort de guerre et de lutte anti-terroriste pour éviter de nouvelles attaques de ce type. Une zone du cerveau, le complexe amygdalien, qui suscite les sentiments négatifs, notamment de peur ou d’agression, s’active beaucoup plus chez les Démocrates que chez le Républicains.

Selon M. Iacoboni, cette réaction reflète une attitude de rejet des Démocrates devant l’usage systématique que fait l’actuel président, dans sa campagne, des attentats du 11 septembre.

 Pour tester cette hypothèse, les neurologues ont observé l’activité cérébrale des mêmes sujets démocrates face à un message de campagne du candidat démocrate Lyndon Johnson, en 1964.

Cette séquence cherchait à discréditer son adversaire républicain, Barry Goldwater, en mettant en scène une petite fille effeuillant une pâquerette : à chaque pétale qu’elle arrachait, explosait une bombe atomique. Le candidat démocrate espérait ainsi mettre les électeurs en garde contre la politique pronucléaire de son adversaire, en pleine période de guerre froide avec l’Union soviétique.

Le cerveau des Démocrates s’est activé, là encore, plus nettement dans le complexe amygdalien, que celui des Républicains. D’où l’interprétation proposée par Tom Freedman, directeur de campagne de Bill Clinton en 1996 : les Démocrates sont généralement plus alarmés par le recours à la force que ne le sont les Républicains, ce qui expliquerait leur plus grande réactivité, tant aux messages de Bush qu’à ceux de Johnson.

On entend déjà proclamer que l’imagerie cérébrale servira un jour aux candidats pour concevoir des messages destinés à produire l’activation cérébrale adéquate chez leurs électeurs potentiels. N’est-il pas à redouter que de telles observations classent l’électorat en deux camps déterminés sur leurs bases cérébrales, créant l’image d’électeurs précâblés et irréductiblement dressés les uns contre les autres ?

Heureusement, le cerveau est plastique, et chacun est libre de changer d’opinion. Pensez-y la prochaine fois que vous parlerez politique

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