André Gernez, Un révolutionnaire de la biologie

, par  Grainede Ble , popularité : 1%

Le cancer sera vaincu… en 1976 ! C’est du moins ce qu’annonçait à toute la
presse le conseiller du président Nixon, John Rooney, le 23 décembre 1971, lors du
lancement du plan américain anti-cancer. Fanfaronnade électorale ? Non. Cette
déclaration s’appuyait sur les découvertes du docteur André Gernez, médecin
français cancérologue et physiopathologiste. Voici son histoire.

Né en 1923, bachelier à quinze ans, André Gernez est, à 21 ans, le plus jeune médecin
de France. Nous sommes en 1944. Après un engagement volontaire au service
militaire, il intègre le prestigieux Institut français du cancer, la Fondation Curie, à
Paris. Domine alors l’approche pasteurienne qui considère la pathologie comme
le résultat de l’agression de l’organisme par un prédateur, virus ou microbe. La
cancérisation étant envisagée comme la conséquence d’une attaque virale qui
finit par déborder la défense immunitaire de l’organisme, on explore la piste vaccinale.
Cette approche paraît d’emblée incohérente à Gernez. En effet, selon lui,
le cancéreux ne présente pas de déficience immunitaire, et la voie d’essaimage
du cancer est précisément la plus riche en cellules de défense. Cellules cancéreuses
et cellules de défense coexistent dans une totale indifférence réciproque à
l’intérieur des ganglions lymphatiques. Les cultures de cellules saines, cultivées
aseptiquement, se cancérisent couramment.

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mars-avril 2007

André Gernez, Un révolutionnaire de la biologie

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Gernez en déduit que la voie pasteurienne est inadaptée et décide d’adopter une
démarche différente. Sa recherche porte alors sur une maladie exceptionnelle en
France, mais courante en Suède : la maladie de Plummer-Vinson (ou Brown-Kelly-
Paterson) une affection précancéreuse de la gorge fréquente chez la femme, qui
présente la particularité de disparaître par une thérapeutique extrêmement
banale à base de vitamines et de sels ferriques... C’est la pierre de rosette ! On
pense à cette époque qu’à partir du moment où une cellule devient cancéreuse,
le processus est irréversible. Le cas de la maladie de Plummer-Vinson prouve le
contraire, puisque sous l’influence d’une médication aussi simple, le cancer dispara
ît. C’est à ce moment-là qu’André Gernez pose les bases de ce qu’il appellera
la prévention active du cancer (lire « La prévention active selon Gernez », dans
notre prochain numéro).
Depuis 1967, André Gernez
révolutionne les principes
fondamentaux de la
biologie. C’est à lui que l’on doit
la théorie des cellules souches
et la révision des dogmes du
double cycle cellulaire ou de la
fixité neuronale… Aujourd’hui,
la plupart de ses découvertes
sont mondialement reconnues,
sans que son nom ne soit jamais
cité. Selon André Gernez, on
peut vaincre des maladies
aussi diverses et complexes
que le cancer, l’athéromatose,
la sclérose en plaques, la
schizophrénie, la myopathie de
Duchenne, Parkinson, Alzheimer...
à condition de changer de
paradigme, la biologie cellulaire
reposant depuis des décennies
sur une théorie erronée.
Par Jean-Yves Bilien © 2006
Jean-Yves Bilien est le
réalisateur du DVD :
Docteur André
Gernez : le scandale du
siècle (cf. p.38)
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mars-avril 2007
Mandaté par son maître le professeur Pierre Porcher,
et alors âgé de 23 ans, Gernez quitte la Fondation
Curie et part étudier cette affection en Angleterre
(Radcliff’s, Oxford), en Suède (Karolinska
Sjukhuset Stockholm) et aux États-Unis (Presbyterian
Hospital, New-York). Il écrit sur cette maladie
dans la Presse médicale du 20 avril 1949, et le Paris
médical du 13 mai 1949.
Une double conviction naît alors
de ses observations : d’une
part, à l’inverse de ce que
l’on pense, la cancérisation n’est nullement un
processus agressif à l’encontre de l’organisme,
mais procède au contraire d’un mécanisme suppl
étif tout à fait normal, à savoir une hyperplasie
compensatrice qui intervient dans une population
cellulaire quand celle-ci est incapable de faire face
à ses obligations fonctionnelles. Elle mobilise alors
des individus cellulaires tarés – des mutants – qui
dans les conditions normales sont inviables, de la
même manière qu’une armée décimée ou confront
ée à un ennemi supérieur en nombre incorpore
des individus peu valides qui dans des conditions
normales seraient rejetés dans la réserve ou exclus
de l’armée. D’autre part, contrairement à ce que
l’on croit, la cellule cancéreuse n’est pas un mutant
anarchique d’apparition rare, mais résulte d’un
processus constant alors que la cancérisation, elle,
est exceptionnelle.
Repenser les bases de la biologie
L’étude de la maladie de Plummer-Vinson fait naître
en Gernez la conviction que le problème du cancer
doit être repensé sur les bases d’une nouvelle base
biologique. Il constate que le fondement même de
la théorie cellulaire, qui régit la biologie, est erroné,
ce qui empêche toute solution au problème posé
par les maladies dégénératives. Jusqu’à cette époque,
et depuis plus d’un siècle, il était admis que la
cellule exerce alternativement un rôle fonctionnel
et un rôle générateur. En réalité, les cellules qui
travaillent et les cellules qui se divisent ne sont pas
les mêmes !
Depuis des décennies, on avait analysé des millions
de coupes au microscope sans prendre conscience
de l’évidence qu’une cellule qui travaille n’est pas
génératrice et qu’une cellule génératrice n’est pas
fonctionnelle. En raison de cette vision naïvement
anthropomorphique, on a admis, il y a presque
deux siècles, que la cellule travaillait et procréait,
alternativement, comme les êtres humains qui assument
cette double fonction. En réalité, il n’en est
rien. De même, dans un essaim d’abeilles, à partir
d’œufs identiques, est prise une option irréversible :
les unes deviendront reines et procréeront sans travailler,
les autres, stériles, seront ouvrières.
Dans des conditions normales, une cellule géné-
ratrice se divise en deux cellules filles à la faveur
d’une mitose. La première demeure une cellule
génératrice et la seconde, ouvrière fonctionnelle
mais stérile, devient une cellule sanguine, de muscles
ou de peau. Ce qui explique la constance de la
masse des populations cellulaires dans les tissus,
autrement dit des parenchymes. Dans le cancer au
contraire, la cellule cancéreuse donne naissance à
deux cellules qui, toutes deux, sont génératrices, ce
qui explique la prolifération cellulaire à croissance
géométrique (courbe de Collins : 2-4-8-16...) caract
érique du cancer.
Depuis des décennies donc, Gernez considère
qu’une énorme erreur de biologie cellulaire empê-
che de résoudre une quantité de problèmes, dont
celui du cancer, parce que la théorie scientifique de
l’époque se trompait grossièrement sur la structure
cellulaire des organes.
Les quatre postulats de Gernez
Nous sommes seulement à la fin des années 40,
et Gernez pense encore que les scientifiques vont
découvrir l’erreur. Il considère que ce n’est pas à
lui de formuler cette théorie, ce n’est pas son mé-
tier. Mais le temps passe et point de changement.
Cela durera vingt ans. Son amie, le docteur Claudine
Escoffier-Lambiotte (responsable du service Santé
du quotidien Le Monde et membre co-fondateur de
la Fondation pour la recherche médicale) le presse
La cancérisation ne procède pas d’une agression,
mais au contraire d’un mécanisme supplétif : en
cas d’impossibilité à faire face à ses obligations
fonctionnelles, une population cellulaire mobilise
des individus cellulaire tarés, des « mutants » qui,
dans des conditions normales, sont inviables.
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de formuler sa théorie révolutionnaire. Il se donne
l’échéance de 1966 : si cette théorie ne sort pas
au congrès sur le cancer de Tokyo, il la formulera
lui-même. Le congrès se termine sur un constat
d’échec. Il écrit donc, en 1967 son mémoire Néopostulats
biologiques et pathogéniques qu’il soumet,
avec son collaborateur le docteur Pierre Delahousse,
à l’Académie des sciences, l’Académie de médecine,
l’Institut pathologie cellulaire, l’Académie nationale
vétérinaire. Sa théorie unifiée du cancer repose sur
quatre concepts fondamentaux :
1) La division cellulaire en une cellule fille et une
cellule fonctionnelle
2) La limitation de la masse cellulaire
3) La réserve quiescente
4) Le rôle supplétif des cellules mutantes.
Limitation de la masse cellulaire
Il semble évident que les organes présentent une
masse constante. On n’a pas observé d’individu
ayant un foie d’une tonne ou des membres de plusieurs
mètres. Les fluctuations, dans des conditions
normales, restent étroites et ne dépassent pas un
maximum qui caractérise l’espèce. Quelle est la
raison de cette constance de la masse des organes,
qui contraste avec la prolifération sans limites des
mêmes cellules dans le cancer ?
Le facteur qui limite la multiplication cellulaire
chez l’individu à partir du germe initial et
qui limite la masse, c’est-à-dire le nombre de cellules
de chaque organe, est génétique. Il n’y a aucune
différence entre le nombre de cellules qui pigmentent
la peau d’un Noir nigérien ou celle d’un Blanc
finlandais : la différence de pigmentation résulte de
l’activité des mélanocytes (cellules épithéliales de
l’épiderme). La masse cellulaire, une fois acquise à
l’état adulte, ne peut se modifier que dans le sens
d’une diminution qui est appauvrissement ou dans
le sens d’une augmentation qui est alors une anomalie
tumorale. La cellule génératrice (la seule que
nous considérerons puisque la cellule ouvrière est
inféconde et a un destin éphémère) peut être altérée
dans sa structure de différentes manières : rayonnements
ionisants, virus, toxines, etc. L’action de ces
agresseurs se traduit par une diminution du stock,
du patrimoine limité de cellules dont l’organisme a
été nanti par la nature. Même dans des conditions
idéales, sans aucune destruction due à ces agents,
le temps, c’est-à-dire le vieillissement, aboutirait au
même résultat et au même appauvrissement puisqu
’il est établi que chaque cellule souche ne peut se
diviser au maximum que soixante-dix fois, selon les
travaux du Dr Hayflick, après quoi son pouvoir de
division est tari et sa descendance s’arrête.
Soixante-dix mitoses en une vie
Le Dr Leonard Hayflick a découvert en 1961 que
le potentiel de division des cellules humaines, ou
« potentiel mitotique intrinsèque », était limité
à soixante-dix mitoses. Les diverses populations
cellulaires constitutives de l’organisme utilisent
cinquante de ces divisions jusqu’à la maturation
adulte de l’organisme. Les vingt divisions restantes
servent au remplacement des cellules usées par
le métabolisme. Quand ce potentiel est épuisé, la
lignée cellulaire s’éteint. Il s’agit donc de préserver
au maximum ces divisions cellulaires, facteur déterminant
du vieillissement. La cellule constituant
à la fois l’unité physiologique
et anatomique de l’organisme,
le tarissement du
stock cellulaire a pour
conséquence son extinction.
Gernez en
déduit qu’à l’évidence,
l’extinction de
l’organisme, c’est-à-
dire la mort, n’est
pas le résultat d’une
usure due à l’accumulation
de déchets,
mais d’une obligation
héréditaire qui survient
quand les cellules-mères
ont épuisé le potentiel de division qu’elles dé-
tiennent et deviennent incapables de remplacer
les cellules ouvrières qui assurent la fonction des
organes et qui meurent à chaque instant. L’usure,
les déchets, les multiples agressions ne font qu’acc
élérer la survenue d’une fin inéluctable. La mort
naturelle survient quand le stock de cellules géné-
ratrices, épuisé, n’arrive plus à maintenir en activit
é un nombre suffisant de cellules fonctionnelles.
Et lorsque c’est une colonie cellulaire vitale qui
commence par faire faillite, elle entraîne la mort
de l’ensemble des autres, c’est-à-dire de l’individu,
parce que l’équilibre interne de l’organisme n’est
plus assuré.
En raison d’une vision naïvement
anthropomorphique, on a admis,
il y a presque deux siècles, que
la cellule travaillait et procréait,
alternativement, comme les
êtres humains. En réalité,
les cellules qui procréent et celles
qui travaillent ne sont pas les
mêmes…
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En même temps qu’il livre ses théories sur le cancer,
André Gernez revisite une deuxième erreur doctrinale
enseignée depuis plus de soixante ans : l’impossibilité
du cerveau à fabriquer de nouvelles cellules nerveuses.
Au début du siècle dernier, en infraction avec la loi de
Conheim (1882) selon laquelle « subsistent au sein des
tissus adultes des cellules restées au stade embryonnaire
et gardant à l’état latent leur pouvoir de prolifération »,
Santiago Ramon y Cajal (prix Nobel 1906) introduit en
biologie une donnée qui devait s’avérer catastrophique :
« Les structures nerveuses sont fixées et immuables à la
naissance ; tout peut y mourir, rien n’y peut régénérer ».
Incontestée, nobélisée, érigée en dogme inviolable,
l’intrusion de cette donnée dans l’enseignement doctrinal
allait faire obstacle pendant un siècle à la solution
des problèmes majeurs de la neuropathologie, enlisant
sclérose en plaques, schizophrénie, maladie de Charcot,
Parkinson, Alzheimer dans des approches pathogéniques
inextricables. Gernez et son groupe (Dr Delahousse,
Dr Deston, Dr Dumont, Dr Lacaze ) récusent ce dogme
en 1970. Ils affirment qu’il existe une reproduction des
neurones chez l’adulte, que le dogme de la fixité neuronale
est erroné et que l’organogenèse du cerveau n’est non
seulement pas achevée à la naissance, mais qu’elle
se poursuit plus tard dans l’âge adulte. La population
neuronale comporte donc aussi des cellules souches
et des cellules spécialisées.
Aujourd’hui, la capacité du cerveau à produire
de nouveaux neurones chez l’adulte est
admise et universellement reconnue.
Cette erreur de dogme a gravement
compromis les recherches sur les
pathologies dégénératives comme
le cancer, l’athéromatose, la
schizophrénie, la sclérose
en plaques, Alzheimer ou
Parkinson.
La réserve quiescente
Une cellule souche est une cellule qui reste capable
de se diviser tout au long de la vie, assurant
le renouvellement des cellules d’un individu. La
division d’une cellule souche produit une nouvelle
cellule souche (cellule de « réserve ») et une autre
cellule qui va s’engager dans un processus de diffé-
renciation qui la conduira à remplir une fonction
précise ; celle-ci ne se divise pas. Entre chaque
division, les cellules souches passent par une pé-
riode de repos. L’ensemble des cellules qui en sont
à cette phase constitue la réserve quiescente (qui se
repose). Dans des conditions normales, les groupes
de cellules qui constituent l’organisme (nous les
appellerons des colonies cellulaires, qui sont au
nombre de deux cents) vivent très « en dessous de
leurs moyens », c’est-à-dire qu’une faible proportion
des cellules souche est en cours de division.
Pour la totalité de l’organisme, environ 3 % des
cellules sont simultanément en phase de division.
Les autres constituent la réserve quiescente qui est
un état dans lequel les cellules sont moins vulnérables
aux agressions, autrement dit dans un état de
résistance. Quand la réserve quiescente est mobilis
ée, les cellules entrent dans la phase de division
et l’organe où se situe la colonie cellulaire subit
une hypertrophie. Mais celle-ci est nécessairement
limitée par le nombre même de cellules souches du
stock. Avec le foie, cette manifestation prend un
aspect spectaculaire.
Une bombe chez les biologistes
Il est 7 heures du matin, en ce mois de décembre
1968, quand le téléphone sonne... C’est le directeur
de l’institut Pasteur, Charles Gernez-Rieux (homonyme),
qui convoque André Gernez le jour même.
Après lui avoir fait part du jugement positif émis
par toutes les institutions scientifiques qu’il repré-
sente sur les fondements biologiques exposés dans
son mémoire, Charles Gernez-Rieux lui demande de
formuler rapidement les développements indispensables.
Le Dr Gernez lui confirme qu’il débouche sur
la solution des pathologies dégénératives. C’est une
vraie bombe dans les milieux scientifiques. La proposition
de corriger un dogme erroné sur le fondement
de la biologie cellulaire reçoit l’approbation
de plus de trente éminents savants spécialisés. Dans
la foulée, André Gernez formule trois mémoires :
La Carcinogénèse, mécanisme et prévention (1969), Le
Cancer dynamique et éradication (1969) et Lois et règles
de la Cancérisation (1970).
Un protocole de prévention active
Une étude sur la base du protocole de Gernez est
lancée en 1969 à l’Institut de Toxicologie de l’universit
é de Paris (service du Pr Truhaut) dans le
but de confirmer ou d’infirmer ses propositions
théoriques.
On choisit pour le protocole expérimental un cancer
incurable, en l’occurrence le cancer primitif
du foie. Les expérimentations, dirigées par le
docteur J.C. Gak, sont réalisées sous forme codée
(c’est-à-dire que les expérimentateurs sont dans
l’ignorance, jusqu’au terme des expérimentations,
des résultats susceptibles d’être obtenus, de sorte
qu’aucune influence consciente ne puisse en entacher
la valeur).
Les résultats sont positifs. Le docteur Gak annonce
à Gernez qu’avec un taux de réussite de 93 %, les
expérimentations confirment totalement les prin-
Gernez démonte aussi le dogme
de la fixité neuronale
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cipes et les promesses de la
procédure de prévention.
Ces résultats ne seront jamais
rendus publics... Il
précise avoir reçu l’instruction
de les maintenir secrets ; ils seront
même ultérieurement officiellement
niés.
Et bien oui... aussi invraisemblable
que cela puisse paraî-
tre, nous allons assister à partir
d’un noyau de cancérologues dé-
terminés, à une manœuvre d’occultation
et de silence qui va
s’étendre progressivement au milieu scientifique,
puis gagner la sphère politique.
L’invraisemblable suit l’incroyable : plus un mot
sur les travaux de Gernez ! Un clan aussi réduit que
puissant décide de garder le silence. Une censure
« concertée et maintenue » par un petit clan de
cancérologues officiels responsables de l’orientation
de la recherche empêche la sortie de ses
travaux. Toutes les tentatives entreprises pour la
publication de ceux-ci dans les revues spécialisées
ou de vulgarisation sont vouées à l’échec. Une pression
s’exerce à tous les niveaux de l’information.
Vous vous dites certainement que cette histoire
est invraisemblable, et que « si c’était vrai, ça se
saurait »… Et pourtant, les centaines de documents
accumulés depuis quarante ans fournissent la
preuve flagrante qu’une poignée d’individus vexés,
orgueilleux, tenant entre ses mains la science, a
délibérément ostracisé Gernez. Il est incompré-
hensible que dès 1968, on ne lui ait pas proposé
la direction scientifique d’un institut dans son
propre pays !
Pas vu à la télé !
Mais n’en restons pas là, car le propos essentiel de
ce récit est d’avancer positivement et d’apporter
des solutions aux maladies du moment.
Le 4 novembre 1971, le professeur Paul Gellé,
président de l’Ordre des Médecins du Nord, lance
un appel solennel pour dénoncer le silence orchestr
é sur les travaux de Gernez. Cet appel, enregistr
é à la télévision, est interdit d’antenne dans
l’heure précédent sa diffusion ! Cependant, adress
é simultanément à la presse écrite nationale et
internationale, il paraît dans quatorze pays.
Une pression s’exerce à tous les niveaux de l’information
pour cacher une révolution scientifique
aussi inattendue que gênante.
Les murs de la forteresse sont ébranlés et la brèche
est profonde ; elle est néanmoins colmatée dans
l’urgence et la panique ; les cancérologues-pompiers
maîtrisent l’incendie qui s’éteint en six semaines.
La presse se fait l’écho des déclarations du docteur
Gernez : « Il réclame un face à face avec les cancérologues
 ». Pas de réponse, le monde de la cancérologie
hiberne. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde...
Adopté par les États-Unis
Au Xe Congrès international du cancer qui se tient
à Houston en 1970, les cancérologues français ne
présentent pas les travaux du Dr Gernez. Dans la revue
Médecine mondiale, ce congrès est décrit comme
étant celui du « désespoir et du renoncement » ; les
moyens gigantesques engagés durant quatre années
aboutissent à une impasse. L’immunothérapie propos
ée en 1964 par le Pr Mathé donne des résultats
décevants. Or quelques mois plus tard, le 23 décembre
1971, un mois donc après l’appel du professeur
Gellé, le président Nixon annonce : « Nous sommes
entrés dans l’ère de la victoire sur le cancer. » Son
conseiller, John Rooney, précise même la date de
la victoire sur le cancer : le 4 juillet 1976, date du
bicentenaire de l’indépendance américaine...
Le responsable de la lutte anti-cancer américaine,
le Pr Lee Clark, annonce de son côté que la courbe
de mortalité cancéreuse va s’effondrer dans un
premier temps jusqu’à un niveau compris entre 15
et 25 % .
Qu’est-il donc survenu, en quelques mois, pour que
la désespérance se transforme en optimisme, le renoncement
en une assurance inattendue, la faillite
en cri de victoire, et cela chez les plus hauts responsables
américains ? Si l’on étudie le programme de
la recherche américaine arrêté en 1971, on s’aper-
çoit que sept points sur neuf correspondent exactement
aux propositions du Dr Gernez, telles qu’il les
publia en 1969 dans son ouvrage La Carcinogénèse,
mécanisme et prévention…
En France, en toute discrétion
Pendant ce temps, en France, bien des choses changent
à l’insu du public : des reconversions sont pratiqu
ées (Quotidien du médecin 2/4/71), des objectifs
de recherche modifiés, des positions scientifiques
quittées sur la pointe des pieds, des contrôles expé-
rimentaux restent sans diffusion.
La théorie gernezienne est officialisée dans le bulletin
n° 196 de la Ligue nationale française contre le
cancer en septembre 1972, par le Pr Marques, directeur
du CRAC de Toulouse. Il rend officielles les théories
du Dr Gernez sur le mécanisme du cancer, sans
faire référence à son auteur. Le Pr Mathé, de Villejuif
Des centaines de documents accumulés depuis
quarante ans prouvent qu’une poignée
d’individus aux commandes de la recherche
ont délibérément ostracisé Gernez.
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parle de « tentative de synchronisation cellulaire ».
Deux rapports en font l’analyse : l’un paraît dans La
Nouvelle Presse médicale n° 26 du 24 juin 1972, et dans le
Quotidien du Médecin du 25 mai 1973.
Des chercheurs de Villejuif essaient des méthodes de
stabilisation des cancers en parlant de « chalone* ».
Les résultats sont publiés dans le Quotidien du Médecin,
le 3 avril 1973.
En 1973, Charles Geffroy, directeur de La Vie Claire,
après consultation à Genève du directeur de la cancé-
rologie de l’OMS, diffuse à un million d’exemplaires un
opuscule révélant au public la procédure diététique et
médicamenteuse de prévention du docteur Gernez.
Le maire de Florence, où se tient le Congrès international
de cancérologie en 1974,
décide de dénoncer dans son discours
inaugural, le « mur du silence
et de la honte ». Il est destitu
é trois jours avant le congrès.
La brèche faite par la presse
italienne dénonçant le scandale
est colmatée et sa diffusion par le
Politika express en Europe de l’Est
fait l’objet d’une intervention
diplomatique en Yougoslavie.
Mais revenons à nos expérimentations
de l’Inserm qui,
comme vous allez le voir,
vont monter au plus haut
sommet de l’État.
Le ministre de la Santé, Michel
Poniatowski, requiert
de ses services de les rendre
publiques. Le Pr J. Ripoche,
en charge du dossier,
demande que soient révé-
lés les résultats des expé-
rimentations réalisées de
1969 à 1972, dans le secret,
à l’Institut de toxicologie de
l’université de Paris. À cet effet, il organise le 13 dé-
cembre 1974, à son domicile, une entrevue avec la
Direction générale de la santé publique et le chargé
de la pharmacovigilance, le Pr Lechat. L’épilogue de
cette réunion est pour le moins surréaliste. La décision
est prise de ne pas rendre publics les résultats
de l’Inserm et de ne pas mettre en place le protocole
de prévention active de Gernez... La raison invoquée
par le directeur général de la santé publique est
qu’une application généralisée de cette procédure
préventive, en accroissant la longévité moyenne de
sept années, rendrait insoluble le problème déjà aigu
de l’hébergement des gens âgés dans les maisons de
retraite, ainsi que celui du paiement des retraites !!!
Si la méthode avait été adoptée, elle aurait abouti à
une large éradication du cancer. Un effondrement
du nombre de cancers aurait provoqué un effondrement
du taux de remplissage des cliniques et des
hôpitaux et donc beaucoup ne seraient plus rentables.
D’autant que Gernez montrait que sa méthode avait
également une action préventive sur l’athérome (infarctus
du myocarde).
Et oui vous avez bien lu...
Le directeur de la Santé maintient sa décision d’occultation
dans une lettre adressée au Dr Gernez
le 12 mars 1975. Michel Poniatowski, ministre initiateur
de cette décision, est censuré et son successeur
niera l’existence de ces expérimentations.
Trente-cinq ans plus tard, la procédure préventive
n’a toujours pas été rendue publique. Seul, Alain
Poher, président de la République par intérim en
1974 et président du Sénat, persiste. Il reçoit le
docteur Gernez et le docteur Delahousse à cinq
reprises en deux mois à l’Elysée. Convaincu de
mener le dossier à son terme en franchissant un
simple obstacle, M. Poher, prend conscience au fil des
semaines qu’il constitue un « Everest » insurmontable
en France.
Médaillé en Autriche, radié en France
Le 17 juin 1979, le docteur André Gernez reçoit à Salzbourg
en Autriche, la médaille Hans Adalbert Schweigart
pour ses travaux sur la théorie unifiée du cancer,
décerné par l’Union mondiale pour la protection de la
vie. Cette institution internationale était dotée d’un
conseil scientifique groupant quatre cents savants de
cinquante-trois pays, dont quarante prix Nobel. Son
président d’honneur était le professeur Linus Pauling
(prix Nobel de Chimie et prix Nobel de la Paix) et son
président, le professeur Gunther Schwab. Presque
toute la presse française en censure l’information.
En 1990, le docteur Gernez demande sa radiation de
l’ordre des médecins. Sa requête prendra effet en
1991. Aujourd’hui, en janvier 2007, André Gernez n’a
jamais cessé de travailler. Il poursuit ses réflexions et
continue d’écrire aux différentes autorités réputées
compétentes.
Deuxième partie dans notre prochain numéro :
« La prévention active selon Gernez »

  • Chalone : groupe de cellules qui inhibent la mitose cellulaire.

À propos de l’auteur
Journaliste et enquêteur spécialiste des hérétiques de la
sciences et spiritualité, Jean-Yves Bilien est l’auteur du
documentaire Docteur Gernez le scandale du siècle, avec
les docteurs André Gernez, Jean-Pierre Willem, Pierre
Delahousse, un DVD d’une durée de deux heures que l’on
peut commander à cette adresse :
MC Collard - Cappe - 47270 Saint-Caprais-de-Lerm
(30 euros, frais de port inclus) par chèque à l’ordre de
Jean-Yves Bilien.
Contact : Jean-Yves Bilien : 06 79 50 00 39
jean.bilien chez wanadoo.fr.
En 1974, le directeur général
de la santé publique
décide de ne pas mettre
en place le protocole de
prévention active de Gernez,
car en prolongeant la
longévité de sept années
environ, elle rendrait insoluble
le problème d’hébergement
dans les maisons de retraite

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