Aliments Anticancer : une expression trompeuse

, par  Amessi , popularité : 1%

« Il n’y a pas d’aliments anticancer »

Telle est l’une des conclusions du rapport intitulé « NUTRITION et CANCER : légitimité de recommandations nutritionnelles dans le cadre de la prévention des cancers », publié jeudi 26 mai 2011, (il y a tout juste un an) par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses).

« Ce n’est pas un aliment isolé ou une catégorie d’aliments à elle seule qui protège contre le cancer »

 « Aliments Anticancer » : une expression trompeuse

« Il n’y a pas d’aliments anticancer »

Telle est l’une des conclusions du rapport intitulé « NUTRITION et CANCER : légitimité de recommandations nutritionnelles dans le cadre de la prévention des cancers », publié jeudi 26 mai 2011 (il y a juste un an), par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses).

L’agence a voulu faire le point sur la multitude de recommandations de nutrition pour la prévention des cancers. Un enjeu majeur puisque l’on dénombre 358 000 nouveaux cas de cancer estimés en France en 2010.

« Ce n’est pas un aliment isolé ou une catégorie d’aliments à elle seule qui protège contre le cancer », avertit l’Anses, qui vise, sans le dire, les livres à succès et autres conseils qui fleurissent sur la Toile sur les aliments anticancer.

Des médecins réputés comme le PsychiatreDavid Servan-Schreiber, ou le Cancérologue David Khayat, chef du service de cancérologie de la Pitié-Salpêtrière et ancien président de l’Institut national du cancer (INCa) ont publié des livres sur ce sujet.

L’Anses rappelle des recommandations de bon sens :

 -* Réduire la consommation de boissons alcoolisées, manger équilibré et diversifié, et pratiquer une activité physique.

Source : Pascale Santi pour Le Monde.fr

  • Se référer aussi à l’article suivant :
  • LIVRES « ANTI-CANCER » David Khayat & David Servan Schreiber : Peut-on avoir confiance dans leurs livres « Anti-Cancer » ?

 Croyez-vous encore aux aliments anti-cancer ?

D’après une étude commandée par l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, combiner alimentation équilibrée et exercice physique régulier est la meilleure prévention contre le cancer. En êtes-vous convaincu ?

 Il n’y a pas d’aliment miracle anti-cancer ou pro-cancer

C’est la conclusion d’une étude bibliographique menée, à la demande de l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), par un groupe d’experts relevant de plusieurs disciplines. Le rapport du groupe concerne les publications des quatre dernières années, à l’échelle mondiale, sur les facteurs nutritionnels dans le cadre de la prévention des cancers.

Contrairement à ce que certains ouvrages de vulgarisation sans base scientifique peuvent annoncer, aucun aliment, pris séparément, ne peut être considéré comme facteur direct de la prévention ou du déclenchement d’un cancer.

Dans les comportements nutritionnels, les recommandations du groupe d’experts mettent au contraire en avant que c’est la combinaison d’une alimentation équilibrée et d’un exercice physique régulier qui est le principal garant de la prévention de la plupart des cancers.

L’étude confirme cependant que certains aliments, ou certains groupes d’aliments, pris de manière excessive, peuvent augmenter le risque de cancer.

Ainsi, la consommation (trop) régulière de boissons alcoolisées augmente -jusqu’à 168% par verre consommé par jour !- le risque des cancers de la bouche, du larynx, du pharynx, de l’œsophage, du colon chez l’homme et du sein chez la femme. La viande rouge et la charcuterie, ou encore le sel, sont également des aliments à risques, s’ils sont consommés de manière excessive.

Pour leur part, les compléments alimentaires à base de béta-carotène augmentent le risque de cancer du poumon, chez les fumeurs, sujets déjà à risque. En revanche, la consommation régulière de fruits et légumes, déjà recommandée auprès des consommateurs, réduirait les risques de cancers de nombre d’organes.

 Un tiers des cancers pourraient être évités

Par ailleurs, l’étude apporte des conclusions -attendues- sur les effets de comportements nutritionnels ou physiques.Le surpoids ou l’obésité favorisent certains cancers (œsophage, pancréas, colon-rectum, endomètre, rein, sein), tandis que l’allaitement réduirait le risque de cancer du sein.

Le rapport du groupe d’experts met également en lumière que la réduction de la sédentarité, autrement dit la pratique régulière d’une activité physique, est essentielle, en complément de l’alimentation.

Le Professeur Margaritis, qui a participé à l’étude, parle même d’une interaction entre aliments et exercice physique.

Au total, près d’un tiers des cancers dans les pays développés pourraient être évités par une prévention nutritionnelle.

L’Anses pourra utiliser les conclusions de ce rapport d’experts pour émettre des recommandations allant dans le même sens que d’autres études (risques liés à certains régimes). Et s’inspirer des directives de prévention d’autres pathologies de notre société (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) :

 Manger équilibré, manger diversifié, pratiquer une activité physique régulière, en attendant un hypothétique aliment miracle anti-cancer

Jean-Philippe Deguine

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