3 prix Nobel 2009 de médecine pour la découverte de l’« immortalité »

, par  Amessi , popularité : 2%

La vague de remise des prix Nobels s’est ouverte le 5 octobre dernier à Stockholm avec l’annonce du 100e lauréat de Médecine, le trio américano-australien en quête de jeunesse Blackburn-Greider-Szostak qui a découvert une enzyme qui protège les cellules du vieillissement.

Ces trois biologistes, qui enseignent aux États-Unis, ont reçu le prix pour leurs travaux montrant comment les télomères et l’enzyme télomérase « protègent les chromosomes du vieillissement », au point d’être associé à l’immortalité, a indiqué le comité Nobel constitué en fonction des découvertes faites dans la première moitié des années 1980.

« Les lauréats ont montré que la solution se trouvait dans les terminaisons des chromosomes, les télomères, et dans une enzyme qui les forme, la télomérase », ajoute le comité.

3 prix Nobel 2009 de médecine pour la découverte de l’« immortalité »

Carol Greider, Jack Szostack et Elisabeth Blackburn ont été distingués le 5 octobre dernier du prix Nobel de Médecine pour avoir démontré que l’enzyme télomérase est capable de protéger les chromosomes du vieillissement donc d’assurer en quelque sorte l’immortalité.
© D.R.

Témomère

Elizabeth Blackburn, qui enseigne à l’université de Californie, et Jack Szostak avaient montré dans une étude publiée en 1982 comment l’ADN des télomères, des espèces de capuchons protecteurs situés à l’extrémité des chromosomes, contrôle le vieillissement des cellules et maintient la stabilité du patrimoine génétique, le génome, jusqu’à leur détérioration. Le jour de Noël 1984, la même Blackburn et son élève Carol Greider avaient découvert et donné son nom à la télomérase, parfois surnommée depuis « enzyme d’immortalité », qui rallonge les télomères et protège justement les chromosomes de ce vieillissement grâce à sa fonction réparatrice.

Objet de recherche dans la lutte contre le vieillissement, la télomérase est aussi largement présente dans les cellules cancéreuses qui ont ainsi une capacité de multiplication illimitée, ce qui signifie que l’enzyme a aussi des aspects négatifs.

Le comité Nobel a toutefois salué les trois scientifiques pour avoir révélé « une nouvelle dimension à notre compréhension de la cellule, éclairé les mécanismes de la maladie et stimulé le développement de possibles nouvelles thérapies ».

Dans une interview, Carol Greider qui enseigne maintenant à l’université américaine Johns Hopkins a déclaré face à cette annonce « que la reconnaissance des recherches scientifiques fondamentales, poussées par la curiosité, c’est très très bien ». Jack Szostak qui est professeur à Harvard et à l’Hôpital général du Massachussetts à Boston, s’attend lui par contre « à une grande fête bientôt ». Quant à Élisabeth Blackburn, elle a expliqué que « nous avons fait la chasse à cette enzyme » après avoir affirmé qu’elle a été « très heureuse (quand on l’a découverte) et j’ai trouvé que c’était très intéressant, que c’était un résultat très important, et on ne ressent pas ça souvent »

C’est la première fois que deux femmes partagent la prestigieuse récompense, Mmes Blackburn et Greider devenant les 9e et 10e lauréates féminines du prix de Médecine depuis 1901, contre 185 titres masculins.

Le prix Nobel est accompagné d’une récompense de 10 millions de couronnes suédoises (980.000 euros), à partager entre les trois lauréats. La remise des prix aura lieu le 10 décembre prochain.

Publié le 08-10-2009 Source : AFP/rfi.fr Auteur : gaboneco

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